Les quartiers en pente de Tegucigalpa et la cathédrale coloniale s'étendant dans une vallée montagneuse à l'heure dorée
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Tegucigalpa

"Tout le monde m'avait mis en garde contre Tegucigalpa. Personne n'avait mentionné la vue depuis El Picacho."

La capitale du Honduras s'étale sur un bassin de collines couvertes de pins, une ville dont tout le monde vous met en garde et que presque personne ne vous explique vraiment.

Chaque Hondurien que j’ai rencontré pendant ce voyage avait un avis sur Tegucigalpa, et aucun n’était neutre. « Ne traîne pas trop », m’a dit le propriétaire d’une auberge à La Ceiba, avec l’assurance plate de quelqu’un qui répète une idée reçue plutôt qu’une expérience personnelle. J’ai traîné quand même, trois nuits dans le centre historique, et j’ai trouvé une capitale chaotique, vallonnée, parfois intimidante à la nuit tombée, et considérablement plus intéressante que sa réputation ne le laisse penser. Tegucigalpa se niche dans un bassin entouré de crêtes de pins à près de mille mètres d’altitude, ce qui donne à l’air une fraîcheur qui m’a surpris après des semaines passées sur la côte, et la ville grimpe ses propres pentes d’une manière qui donne l’impression que chaque quartier s’accroche à quelque chose.

Le centre historique autour du Parque Central et de la Catedral de San Miguel Arcángel est là où j’ai passé la majeure partie de mon premier jour — une cathédrale baroque achevée en 1782, son intérieur doré et sombre, face à une place où cireurs de chaussures, étudiants et vendeurs de glaces pilées occupent les mêmes bancs sans trop de friction. Quelques rues plus loin, l’Iglesia de los Dolores affiche une façade si richement sculptée qu’elle en paraît presque surchargée, et je suis resté planté devant pendant dix minutes à essayer de recenser chaque figure entassée dans la pierre.

La façade baroque de la Catedral de San Miguel Arcángel de Tegucigalpa surplombant le Parque Central

Ce qui a vraiment changé ma perception de la ville, c’est la montée vers El Picacho, la colline au nord de la ville couronnée d’une imposante statue blanche du Cristo del Picacho, bras tendus au-dessus de la vallée. Depuis le belvédère juste à côté, Tegucigalpa se déploie en contrebas dans toutes les directions — toits de tuiles rouges, quartiers populaires en parpaings peints de pastels délavés à flanc de colline, la ville jumelle de Comayagüela de l’autre côté de la rivière, des crêtes qui se fondent en bleu vers l’horizon. J’y suis allé au coucher du soleil, quand la lumière fait quelque chose de vraiment flatteur à une ville qui ne se photographie pas toujours bien au niveau de la rue, et je suis resté jusqu’à ce que les lumières de la vallée s’allument par taches.

Le Mercado San Isidro, à quelques rues au sud du centre, est l’endroit où j’ai mangé la meilleure baleada de tout le voyage, préparée par une femme qui tient apparemment le même stand depuis plus de vingt ans et qui n’a pas levé les yeux de son comal une seule fois pendant qu’elle la préparait. Le marché déborde dans les rues environnantes en un véritable enchevêtrement de textiles, de machettes, d’électronique bon marché et de produits frais, et le parcourir sans destination précise est, je crois, le moyen le plus rapide de comprendre comment cette ville fonctionne réellement au quotidien, plutôt que la manière dont les gens de l’extérieur l’imaginent.

Quand y aller : L’altitude de Tegucigalpa maintient des températures douces toute l’année, donc le moment compte moins ici que dans les basses terres. La saison sèche, de novembre à avril, rend les balades en colline et la montée à El Picacho plus agréables. Restez dans le centre historique et les quartiers connus pendant la journée, prenez des taxis plutôt que de marcher après la tombée de la nuit, et traitez la ville comme n’importe quelle grande capitale latino-américaine — avec un sens de la rue ordinaire, pas avec de la panique.

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