L'horizon de Franceville rencontrant les collines herbeuses du plateau Batéké au crépuscule
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Franceville

"Le Gabon a passé trois semaines à me convaincre que tout n'était que forêt, puis Franceville s'est ouverte sur l'herbe et le ciel."

Une ville minière du manganèse en bordure du plateau Batéké, où la savane rompt le mur de forêt tropicale gabonaise.

Cela faisait assez longtemps que nous étions au Gabon pour que la canopée commence à ressembler à un plafond — du vert qui pressait de partout, sur chaque route, chaque berge de rivière. Puis l’avion a amorcé sa descente vers Franceville et la forêt s’est tout simplement arrêtée. En dessous de nous : des collines herbeuses ondulées, des pistes ocre, une brume de lumière de saison sèche sur des reliefs qui évoquaient davantage le Serengeti que tout ce que j’associais à l’Afrique centrale. Lia est restée le front collé au hublot durant toute la descente. Je me souviens avoir pensé, presque à voix haute, que le Gabon cachait un second pays en lui.

Franceville elle-même ne cherche pas à séduire au premier abord. C’est une ville de labeur — fondée en 1880 par l’explorateur Pierre Savorgnan de Brazza et baptisée en l’honneur de la France, puis transformée des décennies plus tard lorsqu’on a découvert du manganèse près de Moanda dans les années 1950. On sent cette histoire dans le rythme de l’endroit : les camions de minerai qui grondent à travers la ville, la ligne du chemin de fer SETRAG qui bourdonne quelque part derrière l’hôtel où nous logions, acheminant le manganèse sur six cents kilomètres jusqu’au port d’Owendo, près de Libreville. Notre hôte, un ingénieur à la voix douce nommé Serge, m’a confié au petit-déjeuner que sans ce chemin de fer, « la moitié du pays ne touche pas sa paie le vendredi ». Je n’avais jamais pensé à un train comme artère économique, mais ici, il l’est manifestement.

Manganese ore train rolling through the Franceville countryside on the SETRAG line

Ce qui m’a le plus surpris, pourtant, c’est à quel point Omar Bongo reste présent ici — c’était sa région natale, et il y a investi des sommes considérables en conséquence. Nous avons flâné un après-midi près de l’université Léon-Mba, et Lia a fait remarquer combien l’échelle du lieu paraissait incongrue face aux maisons modestes de quelques rues plus loin : une université aussi ambitieuse, une résidence présidentielle à proximité, le tout se dressant sur fond de savane qui ne doit rien à la capitale. C’est une forme étrange et très particulière de construction de monuments, et l’on ressent la place singulière de Franceville dans l’histoire du Gabon rien qu’en marchant entre les deux.

La vraie récompense, pour moi, a été de rejoindre le plateau Batéké lui-même dès le lendemain matin. Nous sommes partis au lever du jour — les routes tenaient bon en saison sèche, poussiéreuses mais fermes — et avons grimpé vers ces hautes terres herbeuses entrecoupées de vallées boisées d’un vert sombre, totalement différentes de tout ce que nous avions vu ailleurs dans le pays. J’ai mangé des tranches de mangue fraîche assis sur le capot de la voiture pendant que Lia photographiait un rapace planant sur les courants thermiques au-dessus d’une des vallées. Aucune foule, aucune clôture, seulement le vent qui parcourait une herbe qui m’arrivait au-dessus des genoux.

Bateke Plateau grassland valley near Franceville under dry-season light

Quand y aller : Privilégiez la saison sèche, de juin à septembre — les routes du plateau restent fermes et praticables, et la lumière demeure plus claire et plus longtemps sur les savanes que durant les mois humides.