Les toits de tuiles en pente raide de la vieille ville de Blois grimpant la colline au-dessus de la Loire, le château visible parmi eux
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Blois

"Blois m'a semblé être la première ville de Loire où les vrais habitants dépassaient en nombre les groupes touristiques, et je l'ai aimée davantage pour ça."

Une vraie ville de Loire perchée sur une colline au-dessus du fleuve, où un château royal bâti sur quatre siècles différents met en scène un assassinat que chaque écolier français apprend, et où les vieilles rues ne semblent jamais mises en scène pour les touristes.

Après une série de villes-châteaux qui existent surtout pour être visitées, Blois a fait l’effet d’un soulagement. C’est une vraie ville, avec une colline de rues escarpées qui n’a rien à voir avec le tourisme — des épiceries, un marché trois matins par semaine, des enfants en trottinette slalomant autour de nous rue des Trois Clefs. Lia et moi nous y sommes installés pour quatre nuits en faisant des excursions à la journée jusqu’à Chambord et Chaumont, et à la fin, j’ai préféré Blois à la plupart des châteaux que nous étions allés voir en voiture.

Quatre siècles sous un même toit

Le Château Royal de Blois est particulier parce qu’il n’est pas un seul bâtiment d’une seule époque — ce sont quatre ailes construites sur quatre siècles, chacune dans le style de son temps, enveloppant une seule et même cour. Il y a une salle médiévale du treizième siècle, une aile gothique flamboyant de Louis XII, une aile Renaissance de François Ier avec un spectaculaire escalier à vis extérieur sculpté de salamandres, et une aile classique ajoutée plus tard par Gaston d’Orléans. Traverser la cour, c’est un peu voir évoluer l’architecture française en temps réel sans bouger d’un pas.

Mais l’aile où tout le monde vient pour l’histoire, c’est celle de François Ier, où en décembre 1588 le roi Henri III fit assassiner le duc de Guise dans une chambre juste à côté de la chambre royale, mettant fin aux ambitions du duc de s’emparer du trône pendant les guerres de Religion. La pièce est aujourd’hui meublée à peu près comme elle aurait pu l’être à l’époque, et le guide qui nous l’a fait visiter a raconté le meurtre avec assez de détails pour que Lia m’agrippe le bras à mi-chemin du récit.

L'escalier à vis richement sculpté sur l'aile François Ier du Château Royal de Blois

Les rues de la colline et le marché couvert

Sous le château, la vieille ville dégringole la colline vers la Loire dans un enchevêtrement de ruelles en escaliers, de maisons à colombages et de petites places qui ne finissent jamais tout à fait de s’aplanir. Nous nous y sommes perdus avec plaisir plus d’une fois, pour finir dans le Jardin des Simples, un petit jardin en terrasses d’herbes médicinales derrière le château, avec une vue dégagée sur le fleuve et les toits en contrebas.

Le marché du samedi le long du Quai Villebois-Mareuil s’étire sur toute la longueur du quai, avec des étals d’asperges de Sologne, du fromage de chèvre des fermes environnantes, et un poissonnier qui vendait de l’anguille de Loire — qu’une femme dans la file a insisté pour que nous goûtions. Nous en avons acheté une petite portion, l’avons grillée le soir même sur la terrasse de notre location, et aucun de nous deux n’en revenait à quel point c’était bon.

Les rues médiévales en escaliers de la vieille ville de Blois avec ses maisons à colombages grimpant la colline vers le château

Quand y aller : De la fin du printemps au début de l’automne, et de préférence un samedi si vous pouvez vous arranger — le marché au bord du fleuve mérite qu’on organise une journée entière autour de lui, et Blois constitue une base vraiment agréable et abordable pour les châteaux environnants, sans les foules qui s’amassent à Amboise ou à Chenonceaux.

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