Mount Sodom
"Une montagne qu'on peut lécher, ce que j'ai fait par curiosité, et que j'ai instantanément regretté."
Une montagne entière faite de sel gemme solide, criblée de grottes et couronnée d'un pilier que les habitants appellent encore la Femme de Loth.
Le mont Sodome s’étend sur environ onze kilomètres le long du bord sud-ouest de la mer Morte, et ce qui met un moment à vraiment s’imposer à l’esprit, c’est que ce n’est pas une montagne comportant des dépôts de sel — c’est une montagne presque entièrement faite de sel, un diapir exposé poussé vers le haut depuis une ancienne couche de sel enfouie, au fil de centaines de milliers d’années. J’en ai parcouru une section en fin d’après-midi, et le sol craquait sous mes pas d’une manière qu’aucune autre randonnée dans le désert ne m’avait jamais fait entendre, les cristaux de sel captant le soleil bas et projetant de petits éclats de lumière comme si toute la crête était légèrement pailletée. La pluie, aussi rare soit-elle ici, a sculpté la montagne en un paysage de dolines, de grottes et d’étroits canyons — une activité géologique presque troublante, puisqu’un sol de grotte solide une année peut s’effondrer en une nouvelle doline l’année suivante.

Le site emblématique ici est un pilier de sel solitaire près de la base de la montagne que les traditions juive, chrétienne et musulmane identifient de longue date comme la femme de Loth, changée en sel pour s’être retournée vers la destruction de Sodome. C’est une chose modeste, en vérité, haute de quelques mètres à peine, s’érodant et se remodelant lentement d’année en année sous l’action du vent et des rares crues éclair, et il y a quelque chose de discrètement émouvant dans le fait que l’on désigne ce pilier précis et raconte cette histoire précise depuis environ deux mille ans. Je suis resté un moment à ses côtés, dans le silence immense des étendues salées, et j’ai compris l’attrait de transformer une étrange formation rocheuse en avertissement permanent.

Les grottes qui creusent la montagne, dont la longue grotte de Malham toute proche, comptent parmi les plus longues grottes de sel sur Terre, et même une brève incursion sans guide dans l’une des entrées les plus modestes m’a donné une idée de l’étrangeté de cette géologie — des parois que l’on peut entailler d’un ongle, la vague odeur minérale, l’obscurité totale à quelques mètres à peine.
Quand y aller : D’octobre à avril ; la chaleur de midi en été sur la surface de sel à découvert est dangereuse. Prévoyez des chaussures solides — la croûte de sel est assez tranchante pour transpercer des semelles fines.
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