Saghbine
"Chaque village prétend avoir la meilleure vue sur le lac. Saghbine est celui qui a réellement raison."
Un village de vergers de cerisiers sur la crête ouest de la Bekaa offrant la meilleure vue dégagée sur le lac Qaraoun de toute la vallée.
Saghbine se trouve sur la crête ouest surplombant le lac Qaraoun, assez haut pour que la montée depuis la route du bord du lac fasse plusieurs lacets à travers des vergers de cerisiers en terrasses avant que le village lui-même n’apparaisse. Quelqu’un à Zahle m’avait dit que c’était l’endroit pour la vue définitive sur le réservoir, et après avoir essayé deux autres villages sur la même crête aux prétentions plus modestes, je peux confirmer que la recommandation n’était pas exagérée. Depuis la lisière de Saghbine, toute la forme allongée du lac se déploie en contrebas, l’eau retenue de la rivière Litani captant la couleur du ciel et les collines en terrasses dévalant vers elle d’une manière qui m’a fait arrêter la voiture deux fois, simplement pour regarder.
Le village vit des cerises, et si vous programmez une visite pour fin mai ou juin, des étals au bord de la route les vendent au kilo, fraîchement cueillies le matin même, d’un rouge profond et encore tièdes de soleil. J’en ai acheté un sac à une femme qui tenait son étal depuis une table pliante à côté de sa maison, et j’en ai mangé la plus grande partie assis sur un muret, en regardant le lac, ce qui m’a semblé être l’une des meilleures façons de passer une heure qu’offre la Bekaa. Elle m’a raconté que les vergers appartenaient à la famille de son mari depuis trois générations et que les cerises de ce versant précis, plus frais que le fond de la vallée en raison de l’altitude, mûrissaient presque deux semaines plus tard que les vergers proches de la rive du lac.

Saghbine est assez petit pour qu’on en parcoure les ruelles en vingt minutes, des maisons de pierre avec ces porches profonds construits pour s’asseoir les soirs d’été, et une église de village dont j’ai entendu la cloche sonner pour un office du soir en revenant vers la voiture. Personne parmi ceux que j’ai croisés n’a semblé le moins du monde surpris de voir un étranger déambuler, ce qu’après quelques semaines au Liban j’avais appris à reconnaître comme la version locale d’un accueil chaleureux.

Quand y aller : De fin mai à juin pour la saison des cerises et les vergers les plus chargés, même si la vue sur le lac justifie à elle seule une visite à n’importe quelle saison. Venez en fin d’après-midi pour la meilleure lumière sur l’eau.
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