Ablah
"Chaque famille ici semble avoir un avis sur le vin, et la plupart ont raison."
Un petit village viticole sur la route des vins de la Bekaa où les caves familiales vous versent un verre avant même que vous l'ayez demandé.
Ablah est de ceux qu’on traverse sans les remarquer — un petit groupe de maisons de pierre le long de la route au sud de Zahle, entouré de rangs de vigne qui ressemblent, depuis l’autoroute, à n’importe quel autre tronçon de la ceinture viticole de la Bekaa. Ce qui le distingue ne devient clair que lorsqu’on ralentit : c’est un village de petits producteurs familiaux plutôt que des grandes maisons industrielles qui dominent les chiffres d’exportation de la vallée, et plusieurs d’entre eux interrompront volontiers ce qu’ils sont en train de faire pour vous verser une dégustation dans une cour.
Je me suis arrêté parce qu’une pancarte peinte à la main sur un portail annonçait « dégustation » en lettres bleues délavées, et j’ai fini par passer presque tout un après-midi avec un vigneron dont la famille faisait du vin ici depuis trois générations, à une échelle assez modeste pour que l’essentiel se vende localement plutôt que par un distributeur. Il m’a fait visiter une cave creusée dans la colline — plus fraîche d’une bonne dizaine de degrés que la chaleur de septembre du dehors —, entre des fûts de chêne hérités de son père, et m’a versé un assemblage cabernet-cinsault qui n’avait rien du poli des grandes étiquettes de la Bekaa et tout son caractère. Nous avons parlé, dans un mélange de français et d’arabe, de la façon dont l’altitude de la vallée et l’eau de fonte des montagnes qui nourrit ces vignes donnent au vin libanais une acidité que les vins méditerranéens plus au sud atteignent rarement.

Au-delà du vin, Ablah est simplement un village agréable et paisible à parcourir à pied — ruelles étroites entre maisons de pierre, figuiers débordant des murs de jardin, un vieil homme réparant un portail en bois qui m’a raconté, sans que je le lui demande, que son grand-père avait planté les vignes en face de sa maison avant la Première Guerre mondiale. Rien à Ablah n’est aménagé pour les visiteurs de manière formelle, ce qui en fait précisément le charme.

Quand y aller : De septembre à octobre, pendant et juste après les vendanges, est le moment où les petites caves sont les plus actives et les plus disposées à verser un verre. Appelez à l’avance si possible, car ce sont des exploitations agricoles actives et non des salles de dégustation préparées pour les touristes.
Continuez à explorer
Plus sur Bekaa Valley
bekaa-valley Ammiq Wetland
La plus grande zone humide d'eau douce survivante du Liban, un refuge classé Ramsar où passent chaque année deux fois près d'un demi-million d'oiseaux migrateurs.
Explore
bekaa-valley Anjar
Une cité omeyyade de 715 ap. J.-C., parfaitement tracée en damier et presque totalement ignorée, à trente minutes des cars de touristes.
Explore
bekaa-valley Baalbek
Six colonnes du plus grand temple romain jamais construit se dressent encore ici, et elles font paraître tout le reste minuscule.
Explore
bekaa-valley Chateau Ksara
La plus ancienne cave du Liban, où des soldats romains ont taillé deux kilomètres de tunnel dans la roche que des Jésuites ont ensuite remplis de vin.
Explore
bekaa-valley Chtaura
La ville carrefour animée de la Bekaa où la route se divise vers Zahle et Baalbek, et où se concentrent les meilleures pâtisseries de la vallée.
Explore
bekaa-valley Deir el-Ahmar
Un village de maisons en pierre rouge entre Baalbek et la montagne, où un monastère byzantin donne au lieu son nom et sa quiétude particulière.
Explore