Kefraya
"Ils ont continué de planter des vignes ici pendant une guerre civile. Cela dit tout de la confiance de cette vallée dans le vin."
Un village de première ligne devenu l'un des plus grands domaines viticoles du Liban, ses vignes s'étirant vers les pentes du mont Hermon.
Les vignobles de Kefraya sont ceux qu’on voit réellement depuis la route en longeant le bord ouest de la Bekaa — des rangs qui courent en longues lignes disciplinées vers les contreforts, un bâtiment de cave moderne qui s’élève au milieu d’eux avec plus d’ambition architecturale que la plupart de ses voisins. Chateau Kefraya a été fondé dans les années 1970, juste au moment où le Liban glissait vers la guerre civile, et le fait que le domaine ait continué d’étendre ses plantations pendant des années où ce tronçon précis de la vallée se trouvait proche de lignes de front changeantes en dit plus sur la résilience libanaise qu’aucun monument ne pourrait le faire.
J’y suis arrivé en fin d’après-midi, avec cette lumière que prend la Bekaa quand tout devient d’un or chaud une heure avant le coucher du soleil, et j’ai marché le long des rangs avec l’un des responsables du vignoble du domaine, qui montrait comment le sol change à travers la propriété — de l’argile plus lourde du côté de la zone humide, plus sablonneux et mieux drainé vers les pentes — et comment cette variation leur permet de cultiver une demi-douzaine de cépages différents à quelques kilomètres les uns des autres. La salle de dégustation, quand nous y sommes finalement arrivés, servait un rouge de réserve comte de M vieilli en fût assez longtemps pour adoucir toute aspérité, ainsi qu’un rosé qui semblait avoir été conçu spécifiquement pour la terrasse où il était servi.

Ce qui m’a le plus marqué, c’est le récit du responsable sur le domaine pendant les années de guerre — comment les ouvriers organisaient la taille et la vendange autour des accalmies dans les bombardements, comment la vinification ne s’est en réalité jamais arrêtée, même quand presque tout le reste dans le pays s’est arrêté. Debout sur la terrasse avec un verre de ce rosé, regardant vers le mont Hermon et sa dernière neige visible de la saison, cette histoire semblait expliquer quelque chose d’essentiel sur la raison pour laquelle cette vallée prend le vin aussi au sérieux.

Quand y aller : Les vendanges de septembre donnent vie au domaine, mais de la fin du printemps au début de l’automne, la terrasse de dégustation reste agréable. Réservez une dégustation à l’avance le week-end, quand les groupes de touristes venus de Beyrouth remplissent le planning.
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