Le pont international reliant La Quiaca, en Argentine, à Villazón, en Bolivie, sous un vaste ciel d'altitude
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La Quiaca

"C'est ici que la carte s'arrête et que la Puna prend le relais."

La ville-frontière la plus septentrionale d'Argentine, un avant-poste balayé par le vent face à la frontière bolivienne, à la lisière de la Puna.

Il n’y a pas vraiment de raison d’échouer à La Quiaca, sauf si l’on passe en Bolivie ou que l’on a décidé, comme moi, que l’extrémité d’un pays mérite d’être vue pour elle-même. À 3 442 mètres, collée contre la frontière, c’est la dernière ville argentine avant que Villazón ne prenne le relais de l’autre côté d’un étroit pont international, et elle a cette platitude particulière de lumière et d’ambiance que partagent les villes-frontières du monde entier — fonctionnelle, un peu usée, totalement indifférente à sa propre séduction.

La frontière elle-même

Je suis allé jusqu’au Puente Internacional en fin de matinée, plus par curiosité que par nécessité, et je suis resté planté à peu près au milieu pendant quelques minutes — un pied dans chaque pays, ou presque, même si la ligne réelle est marquée avec bien moins de cérémonie qu’on ne l’imaginerait. Des vendeurs des deux côtés proposent essentiellement les mêmes marchandises : feuilles de coca, électronique bon marché, viande de lama séchée. Lia a engagé la conversation avec une femme qui vendait des alfajores depuis une charrette, et qui traversait ce pont, selon ses propres calculs, tous les jours depuis onze ans.

The narrow international border bridge between La Quiaca and Villazón with vendors and pedestrians crossing

La Puna au-delà de la ville

Ce qui justifiait le voyage pour moi, ce n’était pas la frontière mais le paysage autour d’elle — la Puna, ce haut plateau andin qui s’étend dans toutes les directions, plat et immense, couleur d’herbe séchée sous un ciel démesuré. L’altitude ici (nous sommes au-dessus de 3 400 mètres) fait faire des choses étranges à la lumière : tout paraît plus proche qu’il ne l’est, et l’horizon semble se courber. Des troupeaux de lamas et de vigognes paissent sur une végétation rase qui semble incapable de nourrir quoi que ce soit, surveillés par des bergers au large chapeau qui lèvent à peine les yeux quand une voiture passe.

A herd of vicuña grazing on the flat, golden Puna plateau outside La Quiaca under a wide open sky

Le marché de la ville, à un pâté de maisons de la gare, mérite bien une heure — les marchandises boliviennes et argentines s’y mélangent d’une façon qui rappelle qu’ici, les frontières relèvent davantage de l’administratif que du culturel. Nous avons acheté un sac de quinoa et un poncho dont ni l’un ni l’autre n’avait besoin, principalement parce que l’argumentaire du vendeur pour les deux était excellent.

Quand y aller : de mai à septembre, les mois secs de l’hiver, quand les journées sont froides mais dégagées. L’altitude fait chuter les nuits bien en dessous de zéro toute l’année, alors prévoyez des vêtements en conséquence, quelle que soit la saison.