Un village alpin sans voitures dans les sierras de Cordoue, accessible à pied à travers une pinède jusqu'à des chalets de pierre et des ruisseaux de montagne.
On se gare à l’entrée de La Cumbrecita et on entre à pied, et ce simple fait réorganise toute l’expérience avant même d’avoir aperçu le village. Il y a un petit parking à la lisière de la ville, une passerelle au-dessus d’un ruisseau, puis un sentier forestier qui grimpe doucement à travers des pins plantés par les familles suisses et allemandes qui ont fondé l’endroit dans les années 1930. Il a fallu à Lia et moi environ un quart d’heure pour atteindre le premier chalet de pierre, et pendant ce temps le bruit de la route derrière nous avait déjà complètement disparu, remplacé par le chant des oiseaux et le murmure de l’eau courante.
Un village sans circulation
La Cumbrecita se trouve à plus de 1 400 mètres d’altitude, et cette altitude conjuguée à l’absence totale de véhicules lui confère un calme que je n’ai retrouvé nulle part ailleurs dans les sierras. Les bâtiments, en pierre et en bois, aux toits pentus contre la neige qui tombe parfois en hiver, sont disséminés le long d’un réseau de sentiers piétons plutôt que de rues — on s’y oriente au pont et au panneau indicateur plutôt qu’à la plaque de rue. Nous sommes restés deux nuits dans un petit chalet avec un poêle à bois, et le propriétaire nous a expliqué que les familles fondatrices avaient délibérément interdit les voitures dès le départ, voulant quelque chose de plus proche d’un hameau alpin que d’une ville touristique argentine typique. Ça a marché. Ça marche toujours.

Cascades et la Cascada Grande
La principale randonnée au départ du village longe le Río del Medio jusqu’à la Cascada Grande, une chute d’eau se déversant dans un bassin assez froid pour faire hurler les enfants du coin à chaque saut — ce qui, imperturbables face à la température, ne les a pas empêchés de sauter sans arrêt. Le sentier est facile, environ quarante minutes aller, ombragé de pins sur presque tout le trajet, avec le bruit de l’eau audible avant même qu’on l’aperçoive au dernier virage. Nous y sommes arrivés en milieu d’après-midi et l’avons eu presque pour nous pendant vingt minutes avant qu’un groupe d’ados de Cordoue n’arrive avec des enceintes et considérablement plus d’énergie qu’il ne nous en restait à tous les deux.

Plus loin, des sentiers plus longs grimpent vers des points de vue sur la Valle de Calamuchita, et en hiver, une petite zone propose des activités de neige rudimentaires — une nouveauté aussi loin au nord, accueillie par les Argentins avec l’enthousiasme de gens qui découvrent la neige pour la première fois, ce qui, pour certains d’entre eux, est littéralement le cas.
Quand y aller : De décembre à février pour les journées chaudes et les bassins baignables ; en juillet pour un avant-goût rare de neige en sierra. Les mois intermédiaires d’avril-mai et de septembre-octobre permettent d’éviter la foule tout en gardant la forêt verte.
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