Korçë
"La capitale du café en Albanie, et presque personne à l'étranger ne semble le savoir."
Une ville d'altitude aux bazars ottomans, aux cathédrales d'inspiration française et à la culture du café la plus sérieuse d'Albanie, fraîche et paisible au-dessus des plaines.
Korçë est perchée assez haut — plus de 800 mètres — pour que j’aie eu besoin d’une veste le soir, même en juillet, ce qui après des semaines sur la Riviera m’a paru un petit miracle. C’est aussi, de l’aveu général des habitants, le berceau de la culture du café albanaise, et la ville prend cette réputation au sérieux : le premier matin, j’ai compté onze cafés en deux pâtés de maisons autour de ma maison d’hôtes, tous pleins dès 9h de vieux messieurs en casquette plate débattant à voix basse autour de petites tasses, et de foules plus jeunes sirotant des macchiatos qui ne feraient pas rougir Turin.

Le Vieux Bazar, restauré mais pas aseptisé, est l’endroit où j’ai passé la majeure partie d’un après-midi tranquille — des ruelles pavées bordées de façades en pierre et en bois vendant de la dinanderie, des chaussettes en laine et du miel des collines environnantes, un marché en activité plutôt qu’une pièce de musée. Quelques rues plus loin s’élève la cathédrale de la Résurrection du Christ, une immense église orthodoxe reconstruite après sa démolition à l’époque communiste, dont l’intérieur sent encore légèrement la peinture fraîche et l’encens à parts égales. Korçë conserve aussi une touche franco-albanaise marquée — la ville a été brièvement sous administration française pendant la Première Guerre mondiale, et l’élégant boulevard qui traverse le centre, avec ses platanes et ses maisons de ville aux volets fermés, se lit encore vaguement comme une ville française de province qui aurait pris un mauvais tournant vers les Balkans.

Nous avons dîné dans un établissement familial près du Musée national d’art médiéval, enchaînant qofte et une bouteille de raki i mani, le raki de mûres pour lequel cette région est connue, tandis qu’une tablée de locaux à côté de nous chantait sur une chanson diffusée par une enceinte portable sans la moindre gêne.
Quand y aller : De juin à septembre offre des températures d’altitude agréables ; la ville accueille aussi un festival de la bière animé en août, qui mérite d’organiser sa visite autour si les foules et la musique live vous plaisent.
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