Krujë
"La ville où un seul homme a tenu tête à l'Empire ottoman, et tout le monde prononce encore son nom comme si c'était hier."
La ville-forteresse de montagne de Skanderbeg, héros national de l'Albanie, avec un bazar qui vend toujours les mêmes tapis et dinanderies depuis des siècles.
Krujë est une excursion d’une journée depuis Tirana que tous les Albanais que j’ai rencontrés ont insisté pour que je fasse, et en dix minutes à peine sur place j’ai compris cette insistance : c’est la ville de Skanderbeg, ce noble du quinzième siècle qui a tenu l’Empire ottoman en échec depuis cette colline même pendant plus de deux décennies, et dont le nom est encore invoqué ici avec la déférence habituellement réservée aux saints. Le château occupe le piton au-dessus de la ville, et depuis ses remparts la plaine côtière adriatique s’étend, plate et brumeuse, très loin en contrebas, une position véritablement dominante qui rend soudain logique cette impasse historique.

À l’intérieur de l’enceinte du château se trouve le musée Skanderbeg, un bâtiment de béton anguleux datant de l’époque communiste qui, vu de l’extérieur, paraît presque brutaliste, et à l’intérieur regorge de reproductions d’armures, d’épées et de cartes retraçant ses campagnes — le genre de sanctuaire nationaliste qui en dit autant sur la manière dont l’Albanie se perçoit elle-même que sur le quinzième siècle. Mais le vrai plaisir de Krujë, c’est le Vieux Bazar juste sous la porte du château : une unique rue pavée bordée d’échoppes en bois qui vendent apparemment les mêmes marchandises depuis des générations — tapis tissés à la main, cafetières en cuivre martelé, chaussettes en laine, pièces ottomanes anciennes à l’authenticité douteuse. Un vendeur nommé Besnik m’a expliqué la différence entre la vieille et la nouvelle dinanderie pendant un bon quart d’heure avant que je n’achète une petite cafetière dont je n’avais strictement pas besoin.

Au-dessus du bazar, le petit musée ethnographique occupe une maison ottomane restaurée, ses pièces disposées comme elles auraient été vécues, y compris une salle de divan où j’ai pu imaginer toute une soirée s’évanouir autour d’un café et d’une conversation.
Quand y aller : N’importe quelle matinée convient pour une excursion d’une demi-journée depuis Tirana, mais arrivez avant 11h, avant les cars de tourisme, si vous voulez le bazar et le château sans la foule.
Continuez à explorer
Plus sur Albania
albania Ksamil
Trois petites îles inhabitées posées dans une eau ionienne si claire qu'on peut compter les oursins depuis un paddle, et une scène de grillades de fruits de mer qui n'a pas oublié ce que veut dire « frais ».
Explore
albania Llogara Pass
Un col de montagne où les Alpes albanaises plongent presque à pic dans la mer Ionienne, et où la route déroule mille mètres de lacets pour le prouver.
Explore
albania Përmet
Une petite ville fluviale du sud de l'Albanie, dans la vallée de la Vjosa, où des bassins thermaux fument au creux d'un canyon, où la cuisine locale est le meilleur argument pour rester plus longtemps, et où la liqueur de rose te suivra jusque chez toi dans ton sac.
Explore
albania Pogradec
Une paisible ville lacustre sur la rive albanaise du lac Ohrid, où l'eau est étonnamment transparente et où la promenade se remplit de familles chaque soir.
Explore
albania Saranda
La ville-porte de la Riviera albanaise scintille de l'autre côté du détroit face à Corfou, avec ce bleu ionien qui n'a pas encore le prix gonflé de la haute saison.
Explore
albania Shkoder
Porte des Alpes albanaises, cette ville millénaire au bord du plus grand lac balkanique d'Europe avance au rythme d'un vélo à travers sa longue histoire.
Explore