Saranda's curved seafront promenade hugging the turquoise Ionian bay, white and terracotta buildings stacked up the hillside behind it, with the green outline of Corfu visible across the water in the late afternoon haze.
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Saranda

"Depuis Saranda, on voit Corfou — et on a le sentiment d'avoir choisi le meilleur rivage."

La ville-porte de la Riviera albanaise scintille de l'autre côté du détroit face à Corfou, avec ce bleu ionien qui n'a pas encore le prix gonflé de la haute saison.

Le ferry depuis Corfou prend vingt-deux minutes. Je les ai comptées. D’un côté de cette traversée : des rangées de transats en location, des parasols griffés, quinze euros pour une Mythos. De l’autre : l’esplanade basse de Saranda qui s’incurve autour d’une baie d’un bleu presque invraisemblable, et un billet en lek si petit qu’il faut un moment pour accepter que c’est bien une monnaie.

Nous sommes arrivés à la mi-octobre, quand les foules estivales s’étaient dissipées mais que la mer Ionienne était encore assez chaude pour se baigner jusqu’au crépuscule.

La Promenade et Ce Qu’Il Y a Derrière

La Rruga Skënderbeu longe toute la façade maritime — palmiers, quelques kiosques à souvenirs de trop, et des vendeurs de maïs grillé dans des bidons en métal qui sentent le sucre brûlé. C’est la Saranda évidente, celle de toutes les photographies. Deux rues vers l’intérieur et la ville change complètement de registre. Les rues montent, le linge traverse les ruelles d’un balcon à l’autre au-dessus de la tête, et l’odeur passe du sel à quelque chose de plus huileux — du byrek grillé d’une boulangerie que je n’ai jamais réussi à retrouver, peu importent les matins où j’ai essayé.

À l’extrémité sud de la promenade, passé les bateaux qui proposent des excursions à la source de l’Œil Bleu, le vieux château de Lëkurësi surveille depuis une colline couverte de pins. Nous l’avons gravi à l’heure dorée. La vue embrasse toute la baie et, au-delà, Corfou — assez proche pour qu’on la lise comme un bout de terre précis plutôt que comme une abstraction. Là-haut, j’ai ressenti une satisfaction tranquille d’avoir choisi le rivage le moins photographié.

Ce Que Nous Avons Mangé

Saranda mange simplement et sans s’en excuser. La plupart des soirs nous finissions dans une taverne en terrasse près du port où le bar grillé arrivait avec rien d’autre que du citron, de l’huile d’olive, et un bol de rondelles d’oignon cru que j’ai mangées sans aucune honte. La fergëse — un plat de poivrons, tomates et fromage blanc cuits au four — apparaissait sur presque tous les menus et s’améliorait à chaque table.

La surprise est venue notre deuxième après-midi : un petit café sur la route de la colline au-dessus du bazar, où une femme de soixante-dix ans passés nous a servi une rakia qu’elle avait distillée elle-même, accompagnée de confiture de noix dans une petite soucoupe. Pas de menu, pas d’enseigne à l’extérieur. Lia et moi sommes restés une heure à regarder la lumière s’aplatir sur le détroit, sans grand-chose à dire.

Il y a des villes qui vous demandent de jouer le plaisir. Saranda ne s’en donne pas la peine.

Quand y aller : De fin septembre à octobre, la mer est encore chaude, les plages se sont vidées, et les prix reflètent un endroit qui cherche encore sa place dans le tourisme international — ce qui est précisément son charme.