Le front de mer et la promenade de Sept-Îles au crépuscule, les sept îles de la baie se découpant sur le coucher du soleil
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Sept-Îles

"Sept-Îles est la preuve que la Côte-Nord du Québec n'est pas vide — elle est simplement organisée selon une tout autre échelle."

La plus grande ville de la Côte-Nord, un port de minerai de fer et un centre culturel innu situé sur l'un des plus grands havres naturels au monde.

Sept-Îles m’a pris au dépourvu, surtout parce que je m’attendais à un simple arrêt routier entre le terminal du traversier et la nature sauvage plus à l’est, et j’ai trouvé à la place une vraie ville d’environ 25 000 habitants bâtie autour de l’une des plus grandes baies naturelles au monde — un havre abrité par les sept petites îles qui donnent son nom à la ville, assez profond pour charger les vraquiers qui font de ce port l’un des plus fréquentés du Canada en tonnage. En arrivant par la route 138 au crépuscule, la baie s’est ouverte sur la droite de la route, les îles virant au bleu foncé sur un ciel orange, et ça ne ressemblait pas du tout à une ville industrielle. Ça ressemblait à un endroit qu’on choisirait pour vivre, rien que pour l’eau.

La baie de Sept-Îles au coucher du soleil, les silhouettes des sept îles visibles au large et la promenade du front de mer de la ville au premier plan

La ville se trouve dans le Nitassinan, le territoire traditionnel et non cédé des Innus, et Uashat mak Mani-utenam, l’une des plus grandes communautés innues du Québec, est adjacente à Sept-Îles proprement dite. Le Musée Shaputuan, au centre-ville, m’a donné une meilleure compréhension de l’histoire innue et de la culture nomade de chasse au caribou de la Côte-Nord que tout ce que j’avais pu lire avant — des expositions construites autour du cycle saisonnier d’un peuple qui se déplaçait avec les troupeaux bien avant que l’économie minière et maritime n’arrive et ne réorganise le littoral autour de ports et de voies ferrées. Je suis sorti du musée en pensant à quel point l’histoire de la Côte-Nord du Québec se raconte souvent sous l’angle des villes minières et si rarement sous celui des Innus.

La promenade du front de mer longe toute la baie, passant devant une marina, une poignée de bons restaurants de fruits de mer sans prétention, et une plage publique qui devient étonnamment chaude en juillet vu la latitude nordique de la ville. Nous avons mangé du crabe frais à une table de pique-nique au bord de l’eau et regardé un vraquier long comme plusieurs pâtés de maisons glisser hors du chenal entre les îles, incroyablement lent et incroyablement immense, le genre d’échelle qui force à recalibrer ce à quoi peut ressembler une ville portuaire industrielle.

Un énorme vraquier de minerai de fer quittant la baie de Sept-Îles, dépassant un petit bateau de pêche qui donne l'échelle

Quand y aller : Juillet et août pour le temps le plus doux et la plage le long de la baie. Sept-Îles fonctionne aussi bien comme étape pour la nuit avant de continuer vers l’est sur la route 138 en direction de Havre-Saint-Pierre et de l’archipel de Mingan.