Le front fluvial historique de Trois-Rivières le long du fleuve Saint-Laurent avec les bâtiments de pierre de la vieille ville sous un ciel de soirée estivale
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Trois-Rivières

"Trois-Rivières brûle et se reconstruit depuis 1908 — elle continue tout simplement, et devient d'une certaine façon plus intéressante à chaque fois."

La deuxième plus vieille ville du Québec, coincée entre les rivières Saint-Maurice et Saint-Laurent, portant discrètement quatre siècles de papeteries, de poésie et de survie tenace.

J’étais passé devant Trois-Rivières sur l’autoroute entre Montréal et Québec plus de fois que je ne pourrais compter avant de m’y arrêter vraiment, ce qui est une erreur que je regrette maintenant. La ville se trouve à l’embouchure de la rivière Saint-Maurice, là où la rivière se divisait autrefois en trois chenaux avant de rejoindre le Saint-Laurent — d’où le nom, même s’il n’existe techniquement plus de troisième chenal visible, envasé depuis des siècles. Fondée en 1634, c’est la deuxième plus vieille ville d’Amérique du Nord francophone après Québec elle-même, et elle a passé quatre siècles à prospérer et à brûler, alternativement.

L’incendie de 1908 a détruit la majeure partie de la vieille ville, ce qui explique pourquoi le centre historique se lit aujourd’hui comme un gâteau étagé inhabituel : une poignée de bâtiments de pierre des dix-septième et dix-huitième siècles ayant survécu — le monastère des Ursulines, quelques maisons de marchands — côtoyant la reconstruction du début du vingtième siècle et une promenade riveraine véritablement charmante le long du Saint-Laurent. Je l’ai parcourue à l’heure dorée avec un café acheté dans une boutique de la rue des Forges, regardant la lumière frapper l’eau de cette façon particulière aux grands fleuves nordiques, plate, argentée et immense.

La promenade riveraine de Trois-Rivières au coucher du soleil, le fleuve Saint-Laurent large et calme sous les toits de la vieille ville

Trois-Rivières a bâti son identité moderne sur le papier — pendant la majeure partie du vingtième siècle, elle se surnommait la capitale mondiale du papier, ses usines de pâte alimentant en papier journal la moitié du continent. Cette industrie s’est largement retirée, et la ville s’est réinventée en quelque chose de plus littéraire : elle accueille chaque automne le Festival international de la poésie, un événement que je ne m’attendais pas à trouver captivant et que j’ai trouvé complètement captivant, des poèmes affichés dans les vitrines des commerces et lus à voix haute dans les bars des vieilles rues. Le centre Boréalis, logé dans une ancienne usine de pâte sur les berges, raconte l’histoire de l’industrie avec une honnêteté sur son coût environnemental que j’ai appréciée — aucune nostalgie blanchie, juste l’histoire véritable.

Une rue tranquille du vieux Trois-Rivières bordée de bâtiments de pierre et de brique, guirlandes lumineuses en début de soirée

Nous avons bien mangé ici, mieux que ne le laisse penser la réputation modeste de la ville — un bistro de la rue des Ursulines servant un doré du Saint-Laurent au beurre noisette auquel je pense encore. Trois-Rivières n’essaie pas d’être Québec ou Montréal, et c’est précisément là son attrait : c’est une ville fluviale au travail, avec une réelle profondeur, pas un décor pour le tourisme, et on sent la différence dès la première heure.

Quand y aller : Septembre et début octobre pour le festival de poésie et les couleurs automnales le long des rivières. L’été pour la course automobile du Grand Prix de Trois-Rivières et les longues soirées sur la promenade riveraine. L’hiver est calme et froid, mais la vieille ville sous la neige, illuminée pour les fêtes, a son propre charme.