Saint-Jean-Port-Joli
"À Saint-Jean-Port-Joli, la sculpture sur bois n'est pas un renouveau artisanal pour touristes — c'est la chose que le village fait tranquillement, génération après génération, depuis bien avant qu'on pense à appeler ça du patrimoine."
La capitale autoproclamée de la sculpture sur bois du Québec — un village de petits ateliers le long du Saint-Laurent où toute une tradition artisanale survit grâce à des touristes qui savent à peine qu'ils achètent de l'art populaire.
Nous nous sommes arrêtés à Saint-Jean-Port-Joli presque par hasard, sur la route entre Kamouraska et la ville de Québec, attirés par un panneau routier annonçant un musée de la sculpture sur bois que j’imaginais être une seule salle poussiéreuse. Ce n’est pas une seule salle poussiéreuse. Ce tronçon de la route 132 le long du Saint-Laurent est le centre québécois de la sculpture sur bois depuis le début du vingtième siècle, quand une poignée de familles — les frères Bourgault en premier lieu — ont commencé à sculpter des figures religieuses et populaires qui ont fini par attirer l’attention de collectionneurs et de musées bien au-delà de la province. Cette tradition ne s’est jamais vraiment arrêtée ; elle a simplement continué de former la génération suivante, et le village compte désormais des dizaines d’ateliers et de galeries, dont beaucoup encore tenus par des descendants des familles de sculpteurs d’origine, produisant tout, des saints dévotionnels aux pièces abstraites en bois flotté.

Le Musée des Anciens Canadiens, attenant à la vieille maison familiale des Bourgault, retrace l’histoire de l’artisanat avec un sérieux auquel je ne m’attendais pas de la part d’un village de cette taille — des salles entières de figures sculptées remontant à un siècle, à côté d’œuvres contemporaines qui vont de la statuaire religieuse traditionnelle à des formes de bois libres, presque expressionnistes, qui pourraient trouver leur place dans n’importe quelle galerie contemporaine. Lia, qui a peu de tolérance pour l’art populaire de boutique de souvenirs, y a passé près de deux heures et en est ressortie avec un petit héron sculpté dont elle ne veut toujours pas me révéler le prix.
Au-delà de la sculpture, le village est installé directement sur le Saint-Laurent, avec un long sentier public riverain, des vues sur les montagnes de la rive nord, et un musée maritime consacré à l’histoire de la construction navale de la région — ce tronçon de côte a construit et lancé des goélettes en bois jusque bien avancé dans le vingtième siècle, et un hydroptère restauré, autrefois utilisé pour le service de passagers sur le Saint-Laurent, est exposé en permanence près de l’eau.

Quand y aller : De mai à septembre, quand les ateliers et le musée gardent des horaires complets et que le sentier riverain est à son meilleur. Le village fait un arrêt de demi-journée facile et enrichissant pour quiconque parcourt la rive sud entre la ville de Québec et le Bas-Saint-Laurent.
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