Sainte-Adèle
"La moitié des Laurentides est construite pour l'adrénaline. Sainte-Adèle est construite pour son contraire."
Une ville plus tranquille des Laurentides, faite de spas et d'auberges au bord du lac, nichée dans les plis des collines et surtout connue pour avoir fait de la détente une véritable industrie locale.
Sainte-Adèle se trouve entre Saint-Sauveur et Sainte-Agathe sur l’ancienne route 117, et tandis que ses voisines ont bâti leur identité autour du ski et de la culture du lac respectivement, Sainte-Adèle est tranquillement devenue la capitale des spas des Laurentides. La ville et les collines environnantes accueillent plusieurs des meilleurs spas de style nordique du Québec — bassins chauds extérieurs, bains froids alimentés par le ruissellement de la montagne, saunas aménagés dans des granges converties — et tout le concept fonctionne grâce au cadre : versants boisés, un vrai froid hivernal, et assez d’espace entre les établissements pour qu’on n’ait jamais l’impression de faire la queue pour se détendre.

Nous avons passé une journée entière dans l’un des plus grands complexes de spa aux abords de la ville en février, enchaînant la séquence chaud-froid-repos sur laquelle repose la culture des spas nordiques — quinze minutes dans un bassin assez chaud pour embuer les lunettes, un plongeon dans une eau assez froide pour faire hoqueter tout haut, puis vingt minutes enroulé dans une couverture près d’un feu extérieur à ne strictement rien faire. Lia, qui est normalement incapable de rester immobile plus de dix minutes, est devenue presque silencieuse pendant tout l’après-midi, ce qui, je l’ai appris depuis, est précisément le but de l’exercice. J’en suis reparti plus détendu que je ne l’avais été depuis des années à essayer de me détendre volontairement ailleurs.
Sainte-Adèle possède aussi une véritable histoire littéraire — l’écrivain Claude-Henri Grignon, auteur du classique québécois « Un homme et son péché », a vécu ici et y a situé son village fictif, et un petit site patrimonial, Le Village de Séraphin, recrée l’univers de son roman avec des bâtiments d’époque qu’on peut visiter. C’est un genre d’attraction touristique étrange et très spécifique, plus parlante si l’on connaît l’œuvre source, mais chargée d’atmosphère même si on ne la connaît pas — de vieux bâtiments en bois installés dans les mêmes collines que l’écrivain a réellement habitées.

Le centre-ville lui-même est modeste, organisé autour de la rue Valiquette, avec une poignée de bons bistrots et un lac, le Lac Rond, qui attire une clientèle plus tranquille que les stations plus au nord. Sainte-Adèle n’est pas une destination qui s’annonce. Elle récompense le voyageur particulier qui est déjà fatigué du reste de son voyage.
Quand y aller : L’hiver, sans hésitation, pour les spas nordiques — le contraste entre l’eau chaude et l’air froid est toute l’expérience et il est meilleur dans le froid. L’été pour une version plus lente de la même chose, avec des bassins extérieurs à la place de la vapeur.