Le village rural de Saint-Élie-de-Caxton avec son clocher blanc au-dessus des champs et forêts environnants en fin d'été
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Saint-Élie-de-Caxton

"Saint-Élie-de-Caxton est un village de 1 700 habitants devenu tout un univers de contes populaires — et il ne vous a jamais fait un seul clin d'œil à ce sujet."

Un minuscule village de la Mauricie devenu tout un univers de contes populaires grâce à un seul conteur, et qui vend cette magie avec douceur, sans cynisme.

Je n’avais jamais entendu parler de Fred Pellerin avant qu’une amie québécoise à Mexico n’insiste pour que j’aille voir son village, et je trouve encore un peu incroyable que ça fonctionne de cette façon. Pellerin est un conteur — un vrai conteur oral en exercice, une forme d’art que je croyais surtout historique — qui a grandi à Saint-Élie-de-Caxton, un village de moins de deux mille habitants dans l’arrière-pays mauricien, et qui a bâti toute une carrière, plusieurs albums et un spectacle sur scène autour des contes populaires et des personnages excentriques de son propre village, réels et inventés mêlés jusqu’à ce que la distinction cesse d’avoir de l’importance.

Le village lui-même, sans Pellerin, serait un carrefour rural agréable mais sans particularité : une église blanche, un magasin général, des terres agricoles butant contre des collines boisées. Ce qui le transforme, c’est la couche qu’il y a ajoutée — des statues et de petites pancartes disséminées dans le village faisant référence à des personnages de ses contes, une boulangerie-épicerie, Le Magasin Général, qui joue le jeu de la mythologie plutôt que de la démentir, et une véritable fierté communautaire d’être la matière première de quelque chose qui a tourné à travers le Québec et la France. J’y ai acheté du pain et la femme derrière le comptoir m’a raconté, sans que je le demande et avec un sérieux imperturbable, une histoire de fantôme local que je suis à peu près sûr d’être une invention de Pellerin répétée comme un fait avéré.

L'église blanche à clocher pointu de Saint-Élie-de-Caxton sur fond de champs verts, une route rurale étroite y menant

Si vous avez la chance de tomber sur Pellerin en spectacle — il joue encore au théâtre du village et parfois dans une grange transformée en salle non loin — l’expérience ne ressemble à rien de ce que j’ai vu ailleurs au Québec : un homme seul, sans accessoires pour ainsi dire, tenant une salle en haleine pendant quatre-vingt-dix minutes en français, sur la seule force du rythme et de la précision. Je n’ai pas assisté à un spectacle complet mais j’en ai entendu une version raccourcie lors d’un événement local, et le rire de la foule avait cette texture particulière des gens qui connaissaient déjà les chutes et voulaient les entendre quand même.

Une façade rustique de magasin général en bois à Saint-Élie-de-Caxton, avec une enseigne peinte à la main et des boîtes à fleurs aux fenêtres

Il n’y a pas ici de liste d’incontournables au sens habituel — c’est un village qu’on visite pour l’atmosphère et le conte plutôt que pour les monuments, et il récompense ceux qui prennent le temps de ralentir, d’acheter du pain dont ils n’ont pas besoin, et de se laisser raconter une chose qui est peut-être vraie, peut-être pas.

Quand y aller : L’été, pour les meilleures chances d’assister à un spectacle de Pellerin ou à un événement local, et pour la campagne environnante à son plus vert. Le village est assez petit pour se visiter correctement en une demi-journée, facile à combiner avec un arrêt à Shawinigan ou Grand-Mère à proximité.