Un lac isolé de forêt boréale dans la réserve faunique La Vérendrye à l'aube, la brume flottant sur l'eau calme et la forêt d'épinettes le long du rivage
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Réserve faunique La Vérendrye

"La Vérendrye, ce sont 13 600 kilomètres carrés de rien construit par l'homme — ce qui, en la traversant en voiture, s'avère être exactement le propos."

13 600 kilomètres carrés de forêt boréale et 4 000 lacs le long de la route 117 — la nature sauvage qui sépare l'Outaouais de l'Abitibi.

La route 117 file vers le nord depuis Maniwaki à travers la réserve faunique La Vérendrye en direction de Val-d’Or, et c’est l’un de ces trajets qui recalibrent notre sens de l’échelle — près de 300 kilomètres de forêt boréale, presque aucune ville, aucun service en dehors de quelques haltes routières, et plus de 4 000 lacs disséminés entre les arbres de part et d’autre de la route. J’avais lu ce chiffre avant de m’y engager et n’étais toujours pas préparé à ce à quoi ressemble réellement une telle densité d’eau depuis la route : lac après lac après lac, la plupart sans nom sur la carte que j’avais, épinettes noires et pins gris se pressant jusqu’au bord de l’eau.

La route 117 traversant la forêt boréale dense de la réserve faunique La Vérendrye, un lac visible à travers les arbres en bordure de route

La Vérendrye est une réserve faunique plutôt qu’un parc national, ce qui, dans le système québécois, signifie que la chasse et la pêche y sont permises sous réglementation, en parallèle de la protection écologique — la réserve gère avec soin les populations d’orignaux et d’ours noirs, et elle est considérée comme l’une des meilleures destinations de pêche de la province pour le doré jaune, le grand brochet et la truite grise. Nous n’avons pas pêché, mais nous nous sommes arrêtés au Domaine, l’un des postes d’accueil de la réserve, pour un café, et avons regardé une famille décharger des canots pour une expédition de plusieurs jours vers l’intérieur, avec cette compétence particulière et sans hâte des gens qui font ça chaque été.

Ce qui m’est resté le plus, c’est le caribou — la réserve abrite l’un des derniers troupeaux de caribous forestiers du sud du Québec, une population soumise à une réelle pression due à la fragmentation de l’habitat, et en apercevoir un aurait relevé d’une chance considérable. Nous n’en avons pas vu. Mais savoir qu’ils étaient là, quelque part dans cette immense forêt ininterrompue, a changé ma façon de regarder les arbres défiler pour le reste du trajet.

Un orignal debout au bord d'un lac calme au crépuscule dans la forêt boréale de la réserve faunique La Vérendrye

Quand y aller : L’été pour le canot-camping et la pêche, avec des postes d’accueil le long de la route 117 louant équipement et chalets. L’automne pour l’activité des orignaux pendant le rut, bien que cela coïncide avec la saison de chasse et exige de vérifier quelles zones sont ouvertes. Faites le plein avant d’entrer — les services sont rares sur de longues distances.