La rue Saint-Paul dans le Vieux-Montréal au crépuscule, des réverbères de style gaz brillant le long des façades de pierre grise
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Vieux-Montréal

"Le Vieux-Montréal, c'est ce qui arrive quand un comptoir de traite des fourrures décide, quatre siècles plus tard, de devenir beau exprès."

Pavés, pierre grise et quatre cents ans de commerce fluvial — le quartier qui fait ressembler Montréal, l'espace de quelques rues, à une ville portuaire européenne égarée vers le nord.

Lia et moi avons pris le métro jusqu’à Place-d’Armes lors de notre premier jour complet à Montréal et sommes sortis des escaliers directement dans l’ombre de la basilique Notre-Dame, ce qui m’a semblé une surprise à la fois brutale et merveilleuse — pas d’approche progressive, juste soudain cette immense église de pierre grise remplissant tout le ciel. C’est le tour du Vieux-Montréal, j’allais l’apprendre dans les jours qui ont suivi : il ne s’annonce pas graduellement comme le fait Québec depuis le fleuve. Il apparaît tout simplement, pâté de maisons par pâté de maisons, pavé par pavé, coincé entre les tours financières et le Saint-Laurent.

Les bâtiments de pierre grise et les pavés de la rue Saint-Paul bordés de terrasses de café par un après-midi d'été

Nous avons passé une matinée entière à simplement marcher la rue Saint-Paul d’un bout à l’autre, la plus ancienne rue commerciale de la ville, ses entrepôts de pierre des dix-huitième et dix-neuvième siècles abritant aujourd’hui des galeries d’art, des boutiques de sirop d’érable visant carrément les touristes, et une poignée de restaurants véritablement excellents que les habitants fréquentent encore. La place Jacques-Cartier, en pente douce vers le fleuve, était pleine d’artistes de rue et de calèches tirées par des chevaux quand nous sommes passés, ce que j’ai trouvé plus charmant que je ne m’y attendais — il existe une version de l’excès touristique qui bascule dans le simplement agréable, et c’était celle-là. Lia a acheté une petite aquarelle à un peintre installé près de la fontaine, encore roulée dans un tube dans notre placard au Mexique.

Ce qui m’a le plus surpris, c’est à quel point une ville qui travaille encore survit sous la version carte postale. Le Marché Bonsecours, son dôme argenté visible depuis la moitié du Vieux-Montréal, a été le parlement du Canada pendant quelques années dans les années 1840 avant de devenir un marché — ce sont des boutiques d’artisanat aujourd’hui, mais l’ossature du bâtiment porte encore ce poids civique improbable. Et en bas, au Vieux-Port, des porte-conteneurs accostent encore occasionnellement à quelques centaines de mètres d’où les touristes mangent des glaces, les deux économies de la ville coexistant dans la même vue sans friction apparente.

Le dôme du Marché Bonsecours capturant la lumière de fin d'après-midi au-dessus de la rue Saint-Paul

Nous avons fait notre meilleur repas dans le Vieux-Montréal presque par accident — un bistro dans une rue transversale près de la Place Royale (Montréal a sa propre Place Royale, plus petite, facile à confondre avec celle de Québec) qui n’avait aucun menu traduit en anglais et un plat du jour à l’ardoise, une bavette avec une réduction de vin rouge que Lia évoque encore spontanément, des mois plus tard. C’est le vrai cadeau de ce quartier : il a l’air entièrement construit pour les touristes, puis récompense ceux qui s’aventurent une rue plus loin que ce que la carte postale exige.

Quand y aller : De juin à septembre pour la saison des terrasses et la pleine effervescence de la place Jacques-Cartier, bien que les foules atteignent leur pic en juillet et août. Tôt le matin, avant 9 h, c’est le seul moment pour voir les pavés déserts — cela vaut la peine de régler un réveil au moins une fois.