Rocher Percé
"Le Rocher Percé réussit la chose qu'un site emblématique parvient presque jamais à faire : il est exactement aussi étrange en vrai qu'en photo."
Un monolithe calcaire percé de part en part par la mer — le rocher le plus photographié du Québec, et il mérite chaque photo.
Lia et moi avons roulé le dernier tronçon de la route côtière de la péninsule gaspésienne fenêtres ouvertes, l’air salé remplaçant l’odeur de pin qui nous suivait depuis Rimouski, puis la route a tourné et il était là — le Rocher Percé, une dalle de calcaire de 400 mètres se dressant seule dans le golfe du Saint-Laurent comme quelque chose qui se serait éloigné du reste de la falaise et serait resté coincé là. Le nom dit bien ce qu’il est : une arche unique, percée à travers la pierre par des siècles de vagues, assez large pour qu’à marée basse on puisse marcher le long du banc de sable et se tenir dessous, le cou tendu vers le jour qui filtre à travers la roche solide quarante mètres plus haut.

La géologie à elle seule justifierait le détour — ce calcaire vieux de 375 millions d’années, autrefois un récif, forme aujourd’hui la plus grande arche naturelle de ce type au monde accessible à pied — mais ce qui m’est resté, c’est la lumière. Nous avons marché sur le banc de sable en fin d’après-midi, quand la marée s’était assez retirée pour dégager le passage, et le rocher est passé du gris à l’or puis à un rose étrange à mesure que le soleil descendait vers les Chic-Chocs derrière nous. Lia m’a fait remarquer qu’il y avait autrefois deux arches ; la seconde s’est effondrée en 1845, laissant le pilier autonome — l’Obélisque — qui se dresse maintenant à l’écart du rocher principal comme une sentinelle qui aurait perdu son poste.
Le village de Percé lui-même est petit et entièrement tourné vers la vue, ce qui devrait sembler artificiel et pourtant ne l’est pas du tout. Nous avons mangé une assiette de pétoncles frais sur une terrasse de la rue principale, le rocher parfaitement encadré entre deux bâtiments, et j’ai compris pourquoi des générations de peintres québécois ont utilisé exactement ce point de vue. Des excursions en bateau font le tour du rocher et continuent jusqu’à l’île Bonaventure, et je recommande de faire les deux — la marche sur le banc de sable à marée basse et la sortie en bateau — car le rocher se lit tout autrement depuis le niveau de l’eau, où l’arche devient une véritable fenêtre plutôt qu’une simple curiosité.

Quand y aller : Vérifiez les tables des marées avant d’arriver — la traversée du banc de sable n’est possible qu’à peu près deux heures de part et d’autre de la marée basse, et Parcs Québec affiche l’horaire au point d’accès. De fin juin à septembre pour une météo fiable ; tôt le matin ou en fin d’après-midi pour la lumière qui fait briller le calcaire.