L'un des moulins de pierre historiques de l'Isle-aux-Coudres avec le fleuve Saint-Laurent visible en arrière-plan
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Isle-aux-Coudres

"L'Isle-aux-Coudres tient son nom des noisetiers que Jacques Cartier y a trouvés en 1535 — ce qui en dit long sur la discrétion avec laquelle cette île poursuit son chemin depuis tout ce temps."

Une petite île du Saint-Laurent où deux moulins encore en activité et une poignée de boulangers transforment toujours le grain local en pain, comme cette île le fait depuis trois siècles.

Le traversier gratuit depuis Saint-Joseph-de-la-Rive met environ quinze minutes à traverser jusqu’à l’Isle-aux-Coudres, et dans ce court laps de temps, les collines de Charlevoix, sur le continent, cèdent la place à quelque chose de plus plat, plus petit, et qui semble plus ancien — une île de 25 kilomètres carrés que Jacques Cartier a nommée pour ses noisetiers en 1535 et qui est depuis paisiblement cultivée et pêchée. Nous avons loué des vélos au petit loueur près du quai, ce qui est vraiment la bonne façon de découvrir l’île ; une seule route fait le tour complet de sa circonférence en environ vingt-cinq kilomètres, assez plate pour tout le monde, passant devant des fermes, des chapelles, et un littoral qui alterne entre pointe rocheuse et longue batture.

Cyclistes sur la route côtière qui fait le tour de l'Isle-aux-Coudres, terres agricoles d'un côté et Saint-Laurent de l'autre

Les deux moulins de pierre de l’île, Les Moulins de l’Isle-aux-Coudres, se dressent côte à côte près du village de La Baleine — un moulin à eau et un moulin à vent construits au XIXe siècle pour moudre le sarrasin et le blé de l’île en farine, restaurés et toujours en activité saisonnière, avec des meuniers qui expliquent le mécanisme dans un français si épais d’accent insulaire que Lia, pourtant parfaitement bilingue, a dû leur faire répéter deux fois. La farine qu’ils moulent alimente une petite boulangerie sur place, et le pain qui en sort — dense, légèrement sucré, vraiment différent de tout ce qu’on vend sur le continent — valait le détour à lui seul. Nous avons mangé un pain entier debout sur le stationnement, ce qui manquait un peu de dignité et en valait entièrement la peine.

L’île entretient aussi une longue relation avec le fleuve au-delà de l’agriculture : sa position dans un resserrement du Saint-Laurent en a fait un centre de pêche à l’anguille et, historiquement, un lieu lié aux goélettes — ces petits cargos en bois qui transportaient jadis des marchandises le long du fleuve avant que les routes ne les rendent obsolètes. Un musée maritime près du quai du traversier, le Musée des Voitures et Jouets Anciens ainsi que l’Économusée de la Voile séparé, approfondit cette histoire bien plus que ce que la petite taille de l’île ne le laisserait supposer.

Le four à pain de pierre et la boulangerie à côté des moulins de l'Isle-aux-Coudres, avec des pains frais refroidissant sur une claie de bois

Quand y aller : De juin à septembre, quand les moulins fonctionnent et que la boulangerie est en pleines heures d’ouverture saisonnières. Une journée complète suffit pour faire le tour à vélo et tout voir sans se presser ; le traversier passe fréquemment et il n’y a pas besoin de réserver.

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