Des éoliennes alignées sur la crête au-dessus de Cap-Chat sur la côte gaspésienne, avec le fleuve Saint-Laurent visible en contrebas dans la lumière de fin d'après-midi
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Cap-Chat

"Cap-Chat est une ville qui a regardé son pire ennemi climatique en face et en a fait une industrie."

La ville la plus venteuse de la côte gaspésienne, et fière de l'être — abritant un musée de l'énergie éolienne et l'une des plus hautes éoliennes à axe vertical jamais construites.

Le Nordet — ce vent féroce du nord-est qui balaie cette portion de la côte gaspésienne une bonne partie de l’année — est la raison d’être de Cap-Chat sous sa forme actuelle, et c’est aussi la raison pour laquelle l’arrêt vaut la peine, alors que la plupart des gens qui suivent la route côtière le sautent entièrement. Le vent y est assez fort et assez fiable pour que le Québec ait installé sur les collines au-dessus de la ville l’un de ses grands programmes d’essais en énergie éolienne, incluant, pendant des années, Éole, une éolienne à axe vertical qui fut la plus haute de sa conception au monde, à 110 mètres — une machine étrange, élégante, en forme de batteur à œufs, visible depuis l’autoroute bien avant d’atteindre la ville elle-même.

Une rangée d'éoliennes modernes sur la crête au-dessus de Cap-Chat, avec le fleuve Saint-Laurent et le littoral visibles au loin en contrebas

Nous nous sommes arrêtés au centre d’interprétation du Site d’Éole, qui retrace l’histoire de la recherche éolienne sur cette côte depuis les années 1970 et les raisons précises pour lesquelles elle a été implantée ici — Cap-Chat et la crête environnante captent le vent venu du golfe presque sans obstruction, canalisé par la géographie de la rive nord de la péninsule. L’éolienne à axe vertical elle-même a été mise hors service il y a quelques années après des problèmes mécaniques, mais elle reste un point de repère, et la crête qui l’entoure abrite désormais un parc éolien fonctionnel d’éoliennes horizontales plus conventionnelles, tournant régulièrement devant la toile de fond du Saint-Laurent, loin en contrebas.

Le nom de la ville, plus prosaïquement, vient d’une formation rocheuse en forme de chat le long du rivage — cap-chat signifiant littéralement « cap du chat » — et le rocher est encore montré du doigt à l’extrémité est de la ville, même si j’avoue qu’il m’a fallu plus d’imagination pour l’apprécier que pour les éoliennes. Ce que j’ai le plus aimé à Cap-Chat, c’est son honnêteté : une petite ville de pêche et de foresterie qui a pris son trait naturel le plus rude et en a fait une industrie véritable et fonctionnelle, ainsi qu’un peu de fierté civique, plutôt que de traiter le vent comme une simple chose à endurer.

L'éolienne à axe vertical Éole, mise hors service, se dressant sur la crête au-dessus de Cap-Chat contre un ciel spectaculaire

Quand y aller : Toute l’année pour le vent — c’est un peu tout l’intérêt — même si le centre d’interprétation garde des horaires réguliers de juin à septembre. Combinez cette halte avec le trajet entre Matane et Sainte-Anne-des-Monts ; elle s’intègre naturellement à la route côtière.