Plage de sable rouge à Praia Formosa sur l'île de Santa Maria, avec une eau turquoise limpide
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Santa Maria

"Santa Maria, c'est les Açores qui ont reçu le soleil que les autres îles s'étaient vu promettre."

La plus ancienne et la plus ensoleillée des Açores, où Christophe Colomb a jadis jeté l'ancre et où le sable volcanique rouge donne aux plages une couleur qu'on ne trouve nulle part ailleurs dans l'archipel.

Tout le monde m’avait dit que les Açores, c’était le vert des falaises, le brouillard et le coupe-vent — et ils avaient globalement raison, jusqu’à Santa Maria. J’ai atterri depuis São Miguel en m’attendant à plus de la même chose, et je me suis posé sous un ciel si dégagé qu’on aurait dit un tout autre archipel. Santa Maria est géologiquement la plus ancienne île, plus usée et plus douce que ses jeunes sœurs volcaniques, et elle reçoit plus de soleil que partout ailleurs aux Açores, ce que les habitants vous diront dans les cinq premières minutes de n’importe quelle conversation, avec la fierté de ceux qui ont l’habitude d’être l’exception. La pierre de l’île a elle aussi une chaleur particulière — calcaire pâle plutôt que basalte noir, seul endroit des Açores où l’on trouve des coquillages fossilisés incrustés dans des falaises qui furent jadis un fond marin.

Là où Colomb a jeté l’ancre

Vila do Porto, la plus ancienne colonie du Portugal dans l’Atlantique, se souvient encore que Christophe Colomb s’y est arrêté en 1493 en revenant des Amériques, envoyant un équipage à terre pour accomplir un vœu religieux — un épisode commémoré par une petite statue et une plaque près du port que la plupart des visiteurs de croisière traversent sans s’arrêter. J’ai trouvé l’histoire bien plus intéressante debout sur les falaises dominant le port qu’en la lisant sur la plaque : ce bout d’île, facile à manquer sur une carte, est littéralement l’endroit où la nouvelle d’un nouveau monde a touché pour la première fois le sol européen. J’ai bu un café dans un établissement surplombant la même baie et j’ai essayé, sans grand succès, d’imaginer des caravelles à la place de la poignée de barques de pêche qui tanguaient en contrebas.

Statue et vue du port à Vila do Porto commémorant le débarquement de Colomb en 1493 sur Santa Maria

Praia Formosa est la plage qu’on photographie, et elle le mérite bien : une longue courbe de sable doré-rougeâtre d’origine volcanique, insolite dans un archipel réputé surtout pour ses criques de galets noirs, bordée de falaises basses et d’une eau assez calme pour que des familles y trempent leurs tout-petits quand je l’ai visitée en août. J’ai nagé au-delà des drapeaux et suis resté longtemps à flotter en contemplant l’étrange couleur rouille du sable, produite par la roche volcanique riche en fer qui s’y érode, en me disant que c’était ce qui s’approchait le plus d’une plage de vacances classique aux Açores, moins la foule qu’on trouverait n’importe où d’équivalent en Algarve.

Vue aérienne de la courbe de sable rouge de la plage de Praia Formosa sur Santa Maria, avec des falaises en arrière-plan

Quand y aller : En juillet et août, quand la réputation de Santa Maria comme île la plus ensoleillée des Açores est à son comble et que l’eau de Praia Formosa est assez chaude pour vraiment en profiter plutôt que de simplement la supporter.