Les murs de pierre et la tour du donjon de la citadelle médiévale de Bragança se découpant contre un coucher de soleil du Trás-os-Montes
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Bragança

"Bragança donne l'impression que le Portugal a exprès oublié de moderniser ce coin de lui-même, et je le prends comme le plus grand des compliments."

Nichée dans le lointain coin nord-est du Portugal, une citadelle médiévale fortifiée garde un donjon, un étrange pilori transperçant un cochon en granit, et certaines des dernières traditions rurales intactes du pays.

Arriver à Bragança demande des efforts — la ville est nichée dans le lointain coin nord-est du Portugal, plus proche de Zamora en Espagne que de n’importe quelle ville portugaise que la plupart des gens sauraient nommer, et le trajet à travers les collines de Montesinho, tout en villages de schiste et chèvres au pâturage, a bien montré que je me trouvais dans un endroit où les cars de touristes ne s’aventurent pas. Cet isolement est précisément le propos. La ville a donné son nom à la maison de Bragance, la dynastie qui a régné sur le Portugal (et le Brésil) pendant des siècles, et pourtant sa propre citadelle paraît presque oubliée en comparaison — une ville médiévale fortifiée complète, encore intacte sur la colline au-dessus de la ville moderne, quelque chose que je ne m’attendais pas à trouver aussi entièrement préservé.

Une citadelle, un donjon, et un cochon très étrange

À l’intérieur des murs de la citadelle, les rues sont étroites et presque dépourvues de commerces, donnant l’étrange sensation de traverser une ville en pause plutôt qu’une pièce de musée se jouant elle-même. La Torre de Menagem, le donjon, s’élève, austère et carrée, au centre, et à côté se dresse l’un des monuments les plus curieux que j’aie rencontrés au Portugal : un pelourinho, ou pilori, dont le fût jaillit directement du dos d’un cochon sauvage grossièrement sculpté dans le granit, un berrão, probablement une sculpture préromaine de l’âge du fer dont l’usage d’origine reste incertain, qu’un bâtisseur médiéval a simplement réutilisé comme socle pour le pilori de la ville plutôt que d’en sculpter un nouveau. Personne à qui j’ai posé la question n’avait d’explication vraiment satisfaisante, ce qui, d’une certaine manière, rendait la chose meilleure.

Le pilori médiéval de Bragança s'élevant depuis une ancienne sculpture grossière de sanglier en granit à l'intérieur des murs de la citadelle

Juste à l’intérieur des murs se trouve la Domus Municipalis, un bâtiment roman trapu et pentagonal sans équivalent ailleurs dans le pays — probablement une salle d’assemblée médiévale et une citerne, sa véritable fonction toujours débattue par les historiens, ce qui en fait un monument étrangement approprié pour une ville dont tout l’attrait tient aux choses que personne n’a tout à fait fini d’expliquer. En bas, dans la ville moderne, j’ai passé une soirée dans un petit restaurant à manger de la posta à mirandesa, un épais steak de veau de la race bovine locale Mirandesa, grillé simplement et servi avec des pommes de terre bouillies arrosées d’huile d’olive, tandis que le patron me parlait de randonnées hivernales dans le parc naturel de Montesinho pour voir des loups — une véritable population sauvage qui survit encore dans cette poche reculée de la péninsule ibérique.

Le bâtiment roman pentagonal de la Domus Municipalis à l'intérieur de la citadelle de Bragança au crépuscule

Bragança n’est pas un endroit qu’on traverse en allant ailleurs. Elle n’a de sens que comme destination en elle-même, et je suis reparti content d’avoir fait le détour.

Quand y aller : À la fin du printemps ou au début de l’automne, quand les collines de Montesinho sont vertes ou dorées et que les routes d’accès sont dégagées — l’hiver peut apporter de la neige qui isole encore davantage la région, ce qui a son propre charme si le froid ne vous dérange pas.