Le port d'Alotau au lever du soleil, des bateaux de pêche en bois amarrés devant des collines vertes escarpées et des nuages bas
← Papua New Guinea

Alotau

"La ville qui a stoppé l'avancée japonaise en 1942 passe désormais ses matinées à vendre de la noix de bétel et des feuilles de buai au marché."

Une ville portuaire tranquille au pied des collines forestières de la baie de Milne, où une bataille décisive de la Seconde Guerre mondiale se rappelle surtout à travers des cocoteraies et des festivals de pirogues.

Je suis arrivé à Alotau en ferry depuis les Trobriand, débarquant à l’aube dans un port si calme qu’il semblait peint, l’eau tenant un reflet parfait des collines derrière la ville. La province de la baie de Milne reçoit une fraction des visiteurs qu’attirent les Hautes Terres ou le Sepik, et Alotau, sa capitale provinciale, a une ambiance sans hâte à l’avenant — une seule rue principale, un marché de produits qui déborde sur le trottoir dès sept heures du matin, et un port plein de petits bateaux en bois peints dans des couleurs qui semblent choisies exprès pour contredire le ciel gris que certaines matinées apportent.

Ce que la plupart des gens ignorent en arrivant, et que j’ignorais moi aussi, c’est qu’Alotau est l’endroit où les forces alliées ont infligé au Japon sa première défaite terrestre de la guerre du Pacifique en 1942, à Milne Bay — une bataille qui reçoit une fraction de l’attention accordée à Kokoda mais qui, selon la plupart des historiens, fut au moins aussi déterminante. Il y a un petit parc commémoratif à la lisière de la ville, calme et peu visité, avec des plaques listant régiments et dates d’une manière qui m’a paru presque étonnamment modeste au vu de ce qui s’est passé ici.

Le marché de produits d'Alotau en milieu de matinée, des vendeurs assis derrière des nattes tissées chargées de noix de bétel, de légumes verts et de fruits sous un toit en tôle ondulée

La ville s’anime chaque novembre pour le festival Kenu and Kundu, une célébration des pirogues à balancier traditionnelles et des percussions qui attire des pagayeurs venus des villages de toute la baie. Je n’y étais pas pour la saison du festival mais j’ai attrapé la fin des préparatifs — des hommes ponçant une coque de kenu fraîchement taillée sous un manguier, discutant amicalement pour savoir si l’équilibre était bon, tandis que des enfants couraient autour d’eux en faisant semblant de pagayer leurs propres pirogues invisibles.

Une pirogue à balancier traditionnelle en construction sous un manguier à Alotau, un homme rabotant la coque en bois à la main

J’ai passé un après-midi en pirogue à moteur jusqu’à l’une des petites îles de la baie, faisant du snorkeling sur un récif qui plongeait dans le bleu à quelques brasses du rivage, puis mangeant du poisson de récif grillé sur la plage avec une famille qui exploitait le bateau comme activité secondaire entre deux sorties de pêche. Personne ne pressait rien. C’était le genre de journée qui rend toute idée d’itinéraire un peu absurde.

Quand y aller : De mai à octobre est la saison la plus sèche, et novembre apporte le festival Kenu and Kundu si vous voulez voir Alotau à son plus vivant. Ferries et vols relient la ville depuis Port Moresby ; les bateaux vers les îles extérieures de la baie fonctionnent plus fiablement pendant les mois de mer calme.