Ruines du palais d'hiver omeyyade de Hicham près de Jéricho, murs de pierre excavés sous un ciel dégagé
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Palais de Hicham

"Un seul sol. Un seul sol m'a laissé immobile pendant vingt minutes."

Un palais d'hiver omeyyade du VIIIe siècle aux abords de Jéricho, célèbre pour un unique sol de mosaïque si précis et si vaste que les photos ne préparent pas à se tenir au-dessus.

Khirbet al-Mafjar se trouve à quelques kilomètres au nord de Jéricho, et j’avoue y être allé plus par devoir, m’attendant à une énième série de fondations de pierre basses nécessitant un guide et beaucoup d’imagination pour être appréciées. Puis je suis entré dans le pavillon moderne construit pour protéger le sol de la salle de bains, et je me suis arrêté au milieu d’une phrase. La mosaïque de l’Arbre de Vie — un unique lion sous un arbre fruitier, d’un côté des gazelles paissant paisiblement, de l’autre un lion bondissant qui saisit l’une d’elles à la gorge — recouvre le sol de tesselles si fines et si parfaitement conservées que les dégradés de couleur dans le pelage des animaux restent visibles, ocre puis brun puis crème, posées par des mains il y a plus de douze siècles.

Le palais lui-même, construit pour ou par Hicham ibn Abd al-Malik au début du VIIIe siècle (bien que probablement achevé sous son successeur, Hicham étant mort avant la fin des travaux), était une retraite hivernale omeyyade, et l’ampleur de l’ambition est évidente même en ruine — une porte monumentale, une mosquée, une salle d’audience, et le complexe de bains dont le sol est le véritable trésor du site, l’un des pavements de mosaïque les plus grands et les plus fins de tout le début du monde islamique. Un tremblement de terre en 749 a fait s’effondrer la structure peu après son achèvement, ce qui explique en partie pourquoi les mosaïques ont survécu aussi intactes : elles ont été ensevelies sous les décombres plutôt qu’usées par des siècles d’utilisation.

Le sol en mosaïque de l'Arbre de Vie au Palais de Hicham, montrant un lion attaquant une gazelle sous un arbre fruitier

J’ai ensuite fait le tour du site excavé sous la chaleur plate de Jéricho, passant devant des claustras de pierre sculptés de motifs géométriques étoilés qui ne dépareilleraient pas dans une mosquée construite hier, et devant une structure à coupole qui servait autrefois de fontaine monumentale, l’eau canalisée par des becs de pierre sculptés en visages humains et animaux, dont la moitié sourient encore depuis les décombres. Le musée du site, reconstruit après une rénovation considérable, présente de près certains des fragments décoratifs plus petits et le travail de stuc, et mérite bien les dix minutes qu’il faut pour le parcourir avant ou après la salle de la mosaïque.

Fragments de claustra de pierre sculptée aux motifs géométriques parmi les ruines excavées du complexe palatial omeyyade

Ce qui m’est resté le plus longtemps en tête, ce n’est pas tant la mosaïque elle-même que le fait de son abandon — un palais construit à grands frais et avec un effort artistique considérable, occupé peut-être vingt ans avant le séisme, puis simplement laissé à l’abandon, enseveli, oublié jusqu’à ce qu’un archéologue britannique commence à fouiller dans les années 1930. Une ambition de cette ampleur, défaite par la géologie en une seule génération.

Quand y aller : En fin de matinée ou début d’après-midi, quand la lumière filtrant par les fenêtres du pavillon tombe directement sur la mosaïque et fait ressortir toute la gamme de couleurs. À combiner avec Jéricho même, à quinze minutes en voiture — un ajout facile d’une demi-journée à une visite de Jéricho.