Al Alam Palace
"Un palais qu'on ne peut pas visiter, sur une place qu'on ne peut pas s'empêcher de regarder."
Le palais cérémoniel du Sultan, tout en colonnes bleues et dorées, coincé entre deux forts portugais sur le vieux port de Mascate.
On ne peut pas entrer dans Al Alam Palace. C’est la première chose que tout le monde vous dit, généralement avec une légère excuse dans la voix, comme si le bâtiment vous devait quelque chose. Je ne me suis pas senti lésé. Debout sur la place devant lui, à l’endroit où la vieille ville de Mascate se resserre en un seul geste théâtral, cela m’a semblé suffisant.
Une Façade Faite Pour Être Regardée
Al Alam — « le palais du drapeau » — est la résidence cérémonielle du Sultan, utilisée pour les fonctions d’État et les réceptions officielles plutôt que pour la vie quotidienne. Ce qu’on voit de l’extérieur constitue déjà tout le spectacle : des colonnes dorées qui s’évasent au sommet comme un soleil stylisé, un bleu profond qui change avec la lumière, et une symétrie si précise qu’elle paraît presque générée par ordinateur face aux collines brutes en arrière-plan. Lia a dit que ça ressemblait à un décor de théâtre. Je pense que c’est exactement l’intention.

Encadré par l’Histoire
Le palais se dresse entre deux forts portugais du seizième siècle, Al Jalali et Al Mirani, tous deux perchés sur des promontoires rocheux gardant l’entrée du port. Aucun des deux forts n’est ouvert au public avec régularité, mais leur présence encadre le palais d’une manière qui donne à toute la place l’allure d’une frise chronologique — fortification coloniale de chaque côté, demeure d’un sultan moderne au milieu, et la mer d’Arabie qui complète le tableau en arrière-plan.
La Place Elle-Même
C’est en fin d’après-midi que la place révèle tout son intérêt. La chaleur retombe, des familles omanaises arrivent avec des chaises pliantes et des thermos de chai, et les gardes aux portes du palais — impeccablement habillés, plutôt indifférents aux photographes — deviennent partie du décor plutôt qu’un obstacle à celui-ci. Je me suis assis sur un muret près de la fontaine et j’ai regardé la lumière changer sur les colonnes pendant près d’une heure, ce qui est une chose étrange à admettre à propos d’un bâtiment dans lequel je ne suis jamais entré.

Quand y aller : En fin d’après-midi, une heure ou deux avant le coucher du soleil, quand la place se rafraîchit et que les dorures du palais captent directement la lumière.
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