La Foa
"Un fort construit pour retenir des bagnards n'est plus gardé aujourd'hui que par des vaches."
Une ville de rivière sur la côte ouest où un fort de bagne restauré repose tranquillement dans un pâturage, racontant une version de l'histoire calédonienne que la plupart des visiteurs n'entendent jamais.
La Foa se trouve à environ une heure de route au nord de Nouméa sur la côte ouest, et la plupart des voyageurs la traversent tout droit en direction d’un endroit avec une plage, ce qui est dommage, car elle abrite l’un des sites historiques les plus discrètement bouleversants du pays. Le Fort Teremba, à quelques kilomètres au sud de la ville, est un fort de bagne du XIXe siècle restauré — des remparts de pierre trapus et une tour de guet dressés dans un pâturage ouvert, du bétail broutant jusqu’au pied des murs comme si le bâtiment avait simplement été réabsorbé par le pré. Il a été construit dans les années 1870 par une main-d’œuvre bagnarde pour se prémunir des soulèvements kanak que l’administration coloniale française avait elle-même provoqués, et il a fonctionné comme prison, retenant certains des mêmes bagnards qui l’avaient construit.
En marchant seul sur les remparts un matin de semaine, sans personne d’autre alentour et du bétail meuglant quelque part hors de vue, j’ai ressenti l’étrangeté particulière d’un monument au châtiment si complètement réabsorbé par le pâturage qu’il ne paraît presque plus sinistre. Le petit musée à l’intérieur n’essaie pas d’adoucir l’histoire — la transportation, le travail forcé, la répression brutale de la révolte kanak de 1878 sont tous exposés avec plus de franchise que je ne l’attendais d’un site provincial rural comme celui-ci.

La ville de La Foa elle-même est une véritable localité active plutôt qu’une halte touristique — une rivière traversant le centre, un vieux pont suspendu de l’époque coloniale que les habitants utilisent encore, un marché du samedi vendant des produits cultivés dans la vallée derrière la ville. J’ai acheté un sac de petites mandarines locales intensément sucrées à une femme du marché qui m’a dit, avec la fierté tranquille de quelqu’un qui l’a déjà dit de nombreuses fois, que la vallée de La Foa produit les meilleurs agrumes de Grande Terre. Je n’ai aucun moyen indépendant de vérifier cette affirmation, ni de raison particulière d’en douter.

Au-delà du fort, les collines derrière La Foa cachent quelques bonnes randonnées courtes et des bassins de baignade le long des gorges de la rivière, la plupart non balisés et connus de bouche à oreille plutôt que par des panneaux — renseignez-vous à l’office de tourisme de la ville plutôt que de faire confiance à une carte.
Quand y aller : Toute l’année convient pour le fort et la ville, mais la saison sèche, d’avril à novembre, garde les randonnées fluviales et les bassins de baignade à leur plus accessible. Le marché du samedi vaut la peine de caler votre visite autour de lui si possible.
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