Le phare blanc en fonte d'Amédée s'élevant au-dessus des palmiers sur un petit îlot corallien entouré d'un lagon turquoise
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Amédée Island

"Un îlot que l'on fait à pied en un quart d'heure, gardien d'un lagon où l'on pourrait passer une vie entière."

Un grain de sable corallien au large de Nouméa couronné d'un phare en fonte que la France a expédié à l'autre bout du monde en morceaux sans jamais vraiment finir d'en être fière.

Amédée n’est pas un grand endroit, ce qui est précisément son atout après une semaine à sillonner les longues routes côtières de Grande Terre. C’est un îlot corallien à vingt kilomètres de Nouméa, assez petit pour en faire le tour à pied avant que le café ne refroidisse, et il existe presque entièrement grâce à un seul objet : un phare en fonte de cinquante-six mètres, forgé en France, expédié en pièces numérotées en 1865 et boulonné sur ce grain de sable comme un meuble en kit monté par des gens qui prenaient leur travail extrêmement au sérieux. J’ai grimpé les deux cent quarante-sept marches à l’intérieur lors d’une excursion en bateau depuis Nouméa, et la vue depuis le sommet — la barrière de récifs déployée en bandes de tous les bleus existants — justifiait chacune d’entre elles.

La traversée en bateau, c’est la moitié de l’expérience. On traverse une eau de lagon qui passe du bleu marine au turquoise puis à un vert pâle et vitreux à mesure que la profondeur disparaît sous la coque, et au moment d’accoster, l’eau autour de l’îlot est si claire que la chaîne d’ancre reste visible sur toute sa longueur jusqu’au fond. Je suis allé faire du snorkeling directement depuis la plage et je me suis retrouvé au milieu des tortues de mer en quelques minutes — les hauts-fonds d’Amédée sont une zone d’alimentation connue, et les tortues ici sont si peu dérangées par le trafic des bateaux qu’on peut en observer une brouter les herbiers marins pendant un long moment sans qu’elle s’éloigne.

Le phare en fonte d'Amédée vu d'en bas, son escalier en colimaçon visible à travers la porte ouverte

Ce qui m’a surpris, c’est à quel point il y a peu à faire ici au sens conventionnel, et à quel point cela importait peu. Il y a le phare, la plage, une modeste boucle de snorkeling autour du platier récifal, et un bateau à fond de verre si l’on préfère rester au sec. C’est tout l’inventaire. La plupart des visiteurs viennent en excursion d’une journée depuis Nouméa et repartent en fin d’après-midi, ce qui fait que la lumière du petit matin et la dernière heure avant le départ des bateaux ont une tranquillité qu’aucun autre endroit de Grande Terre ne parvient tout à fait à égaler.

Des snorkeleurs dans l'eau turquoise peu profonde près d'Amédée, le platier récifal visible sous la surface

J’ai déjeuné au petit restaurant près de l’embarcadère — poisson grillé, riz, une tranche d’ananas, rien de sophistiqué, tout étant parfait après une matinée dans l’eau salée — et j’ai observé une histoire coloniale française qui aurait facilement pu être sombre se transformer, sur ce tronçon particulier de corail, en quelque chose de plus proche d’une journée de plage. Cette contradiction est au cœur de presque toute la Nouvelle-Calédonie. Amédée la rend simplement plus facile à voir, parce qu’il y a si peu d’autre chose sur l’île pour en détourner l’attention.

Quand y aller : Amédée est une destination d’excursion à la journée toute l’année, mais la visibilité est meilleure pendant la saison sèche, d’avril à novembre, quand le lagon est le plus calme et la traversée depuis Nouméa la plus douce. Réservez le bateau du matin si vous voulez un peu de vraie tranquillité avant l’arrivée de la foule vers midi.