Île des Pins
"L'eau à la baie d'Oro est tellement claire qu'on commence à se demander si on voit le fond ou une photographie du fond."
Le vol depuis Nouméa dure quarante minutes. On monte dans un petit avion à hélices à l’aéroport domestique de Magenta, on survole la côte sud de Grande Terre, on traverse vingt minutes de Pacifique ouvert, et alors l’Île des Pins émerge de l’eau — un ovale vert foncé cerclé de blanc, entouré d’un lagon si transparemment turquoise qu’on peut voir les motifs du sable au fond depuis les airs. J’avais la tête collée au hublot comme un enfant. La personne assise à côté de moi, un Nouméen qui rentrait chez lui, avait l’air amusé.
L’île doit son nom aux pins Araucaria columnaris qui poussent partout — grands, étroits, absurdement droits, comme les points d’exclamation propres à la nature plantés sur chaque crête et chaque promontoire. En se promenant sur les sentiers intérieurs en fin d’après-midi, la lumière les traverse à angle bas et toute la forêt vire à l’ambre. L’odeur est résineuse et légèrement sucrée, sans rien à voir avec une forêt de pins européenne. On entend les insectes, parfois le chant des oiseaux, le son intermittent de la mer, et rien d’autre.

La baie d’Oro est la raison pour laquelle les gens viennent ici, et les photos — il y en a d’innombrables — ne mentent pas, ce qui est rare. La piscine naturelle de la baie d’Oro est un lagon d’eau de mer fermé, suffisamment peu profond pour avoir pied presque partout, avec un fond sableux visible avec une clarté parfaite à travers une eau qui a la couleur d’une pub pour piscine sauf qu’elle est réelle. J’y ai fait du snorkeling pendant deux heures et j’ai trouvé des formations coralliennes le long du bord extérieur, des tortues se déplaçant lentement dans les zones les plus peu profondes, et une qualité de silence sous l’eau qui semblait presque délibérée, comme si la baie avait décidé de tenir le bruit à l’écart.
Le village de Vao, à l’extrémité sud de l’île, est l’agglomération principale — une église en pierre corallienne, quelques boutiques, un marché qui se tient le samedi matin. La communauté kanak administre les sites touristiques de l’île par le biais d’un conseil tribal, et les campings et simples gîtes dispersés sur la côte sont gérés dans ce cadre. Je me suis installé dans l’un d’eux près de la baie de Kuto, une petite case sur le bord de l’eau avec une véranda orientée à l’est, et je me suis réveillé chaque matin au son du lagon s’animant avec les oiseaux.

L’autre piscine naturelle de l’île, la Piscine Naturelle près de Gadji, est plus petite et plus sauvage que la baie d’Oro — accessible par une courte promenade dans le maquis jusqu’à une brèche dans le récif où les marées ont creusé un bassin profond dans la plateforme corallienne. L’eau à l’intérieur est plus chaude que la mer ouverte, aigue-marine plutôt que turquoise, et les poissons se pressent à l’entrée en nombre qui suggère qu’ils font ça depuis bien plus longtemps que quiconque venu les observer.
Quand y aller : De mai à octobre correspond à la saison sèche, avec l’eau la plus claire et les vents les plus légers. Juillet et août voient le plus de visiteurs, notamment les excursionnistes de Nouméa en catamaran le week-end. Pour les bassins dans leur état le plus limpide et l’hébergement le plus disponible, viser mai, juin ou septembre.