La cascade de Banias se déversant sur des rochers moussus dans un canyon verdoyant au pied du mont Hermon
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Banias

"Une rivière aussi bruyante, aussi froide et aussi verte ne devrait pas exister à vingt minutes d'un pays désertique. Et pourtant, la voilà, faisant exactement cela."

Une réserve naturelle alimentée par des sources au pied du mont Hermon, où la plus grande source du Jourdain se déverse en cascade devant les niches en ruine d'un ancien sanctuaire dédié au dieu Pan.

Banias se trouve à l’extrémité nord du plateau du Golan, assez près du mont Hermon pour que je puisse encore voir de la neige au sommet tout en me tenant dans une forêt luxuriante et dégoulinante qui ressemblait davantage aux Pyrénées qu’au Moyen-Orient. La réserve tient son nom de Pan — Banias est la transcription arabe de Paneas, le sanctuaire du dieu grec qui se dressait autrefois à l’entrée de la grotte d’où jaillit l’une des principales sources du Jourdain, davantage d’eau que je ne l’attendais d’une seule source, froide et étonnamment claire même après un été de fonte des neiges.

L’ancien sanctuaire lui-même est une vision étrange et évocatrice : des niches sculptées directement dans la paroi de la falaise à côté de la grotte de la source, qui abritaient autrefois des statues de Pan et des nymphes, vénérées ici depuis la période hellénistique jusque bien avant dans la domination romaine, lorsque Philippe, fils d’Hérode, fit construire un temple à Auguste à proximité et rebaptisa la ville Césarée de Philippe — la même Césarée de Philippe mentionnée dans les Évangiles comme le lieu de la confession de Pierre. Debout à l’entrée de la grotte, l’eau se précipitant audiblement quelque part dans la roche, il n’était pas difficile de comprendre pourquoi les anciens avaient choisi cet endroit précis pour vénérer quelque chose. Cela dégage une présence qui n’a rien à voir avec les ruines et tout à voir avec la source elle-même.

Anciennes niches sculptées dans la paroi rocheuse à la grotte de la source de Banias, qui abritaient autrefois des statues de Pan

Depuis la source, un sentier longe la rivière en aval à travers un canyon si vert et si ombragé qu’il donnait l’impression d’un tout autre climat — fougères, figuiers, le bruit constant de l’eau en mouvement — jusqu’à s’ouvrir sur la cascade de Banias, la plus grande d’Israël, une chute vraiment tonitruante d’eau blanche dans un bassin tourbillonnant en contrebas. Je me suis tenu sur la plateforme d’observation en bois, aspergé par les embruns, et une famille à côté de moi semblait se disputer pour savoir à qui revenait le tour de retenir le bambin loin de la rambarde, ce qui m’a paru être exactement la dose de chaos qu’il fallait pour un tel spectacle naturel.

La cascade principale de Banias se déversant dans un bassin, entourée d'une forêt verte dense

Quand y aller : de la fin de l’hiver au printemps offre le débit le plus abondant après la fonte des neiges du mont Hermon, et le canyon environnant est alors à son plus vert. Même sous la chaleur estivale, la réserve reste sensiblement plus fraîche que le reste du Golan grâce à l’eau de source et au couvert forestier.