Colonnes romaines dressées au bord de la mer Méditerranée à Césarée, lumière dorée et chaude de l'après-midi projetant de longues ombres sur la pierre antique
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Césarée

"L'amphithéâtre fait face à la mer et l'acoustique fonctionne encore. Certaines choses ont été bâties pour durer."

Je suis arrivé à Césarée sans savoir à quoi m’attendre et j’en suis reparti après avoir entièrement rebattu ma carte mentale d’Israël. Le pays ne manque pas d’histoire, mais Césarée possède une qualité que les autres sites n’égalent pas tout à fait : l’ampleur sans la foule, des ruines posées au bord même de la Méditerranée, et le plaisir singulier de se tenir dans un hippodrome romain tandis que des bateaux de pêche passent à l’arrière-plan.

Hérode le Grand a bâti la cité au premier siècle avant notre ère, la nommant en l’honneur d’Auguste César et transformant un petit mouillage en l’un des ports les plus importants de la Méditerranée orientale. À son apogée, elle abritait cent mille personnes. Le port était une merveille d’ingénierie — voûtes de béton immergées, brise-lames artificiel, phare. La majeure partie est aujourd’hui engloutie, visible par fragments lors d’excursions en bateau à fond de verre, ce qui lui confère une qualité presque onirique.

L’amphithéâtre sur l’eau

Le théâtre romain de Césarée est le plus ancien d’Israël, et il fonctionne encore comme salle de concert. Je l’ai visité un mardi après-midi où aucune représentation n’était prévue, ce qui faisait que j’avais l’endroit en grande partie pour moi seul. Les gradins de pierre font directement face à l’ouest, vers la mer, et en fin d’après-midi la lumière entre horizontalement à travers la scène. Je me suis assis dans les rangées supérieures et j’ai écouté le vent et le fracas lointain des vagues, et j’ai ressenti ce silence particulier que seuls portent les lieux très anciens.

C’est l’acoustique qui le rend véritablement extraordinaire — un murmure depuis la scène atteint les dernières rangées avec une clarté saisissante. Les Romains comprenaient cela d’une manière qui impressionne encore les ingénieurs acousticiens. Que des artistes modernes viennent ici se produire semble moins une nouveauté que l’usage juste de l’espace.

La cité croisée et le port

Les fortifications de l’époque des croisés forment le cœur du parc archéologique — murs épais, douve, un port que les croisés ont réutilisé à partir de l’original romain. Parcourir les remparts donne une bonne idée de l’emprise de la cité médiévale et, plus concrètement, la meilleure vue en hauteur sur le littoral au nord comme au sud.

Le port lui-même a été restauré en une zone de restaurants et de boutiques en plein air, ce qui peut sembler un compromis mais est en réalité fait avec une certaine retenue — restaurants avec terrasses sur la mer, un petit musée dans un bâtiment ottoman restauré, une galerie ou deux. Le week-end en soirée, les Israéliens de Tel-Aviv montent y manger. Le trajet prend quarante minutes et le contraste — port antique, couples modernes avec enfants, le chien de quelqu’un volant du pain sur une table de café — m’a paru caractéristiquement israélien dans sa superposition du banal et du monumental.

Césarée sous l’eau

Le port romain immergé peut s’explorer en tuba ou, plus impressionnant encore, en plongée. Je ne suis pas plongeur, mais j’ai loué un kayak à fond de verre et j’ai pagayé au-dessus des vestiges du brise-lames extérieur, visibles quelques mètres plus bas dans une eau claire sous la forme de masses grises et basses, colonisées par les herbiers et les petits poissons. Les marqueurs d’entrée antiques du port — deux colonnes qui flanquaient autrefois le chenal — se dressent encore sous l’eau, identifiables à leur forme. C’est une chose étrange et silencieuse que de pagayer au-dessus, et l’eau aussi près du rivage par jour calme est très claire.

Quand y aller : d’avril à juin et de septembre à octobre, c’est le mieux — assez chaud pour l’eau, mais pas au point que le site archéologique à ciel ouvert devienne pénible en milieu de journée. Si un concert est programmé à l’amphithéâtre pendant votre visite, allez-y. C’est le genre d’expérience qui ne requiert ni contexte ni imagination architecturale — vous vous asseyez dans les gradins, la musique commence, et le décor fait le reste.