Ligne d'horizon de Téhéran au crépuscule avec les montagnes enneigées de l'Alborz qui se dressent nettement derrière la trame urbaine dense de la ville
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Téhéran

"On m'avait dit que Téhéran n'était qu'une étape de transit. C'est franchement un mauvais conseil."

Les montagnes de l’Alborz apparaissent au bout de chaque rue nord-sud de Téhéran, coiffées de blanc et absurdement proches pour une ville de quinze millions d’habitants. On m’avait prévenu que la capitale n’était qu’une étape de transit — y atterrir, en repartir, gagner le vrai Iran. C’est un mauvais conseil. Téhéran m’a retenu trois jours de plus que prévu et j’avais encore l’impression de n’en avoir qu’effleuré la surface.

Le palais du Golestan et le monde qadjar

Le complexe du palais du Golestan se trouve dans le vieux centre-ville, une série de pavillons et de salles du trône bâtis à l’époque où les chahs qadjars cherchaient à impressionner leurs hôtes européens et eux-mêmes simultanément. La salle des Miroirs fait exactement ce que son nom promet : des milliers de fragments de carreaux miroitants renvoyant la lumière de l’après-midi dans toutes les directions jusqu’à ce que la pièce semble vibrer. Plus intéressants encore sont les iwans extérieurs — les arcades voûtées et fraîches qui s’ouvrent sur un jardin où la lumière tombe différemment et où le bruit de la rue disparaît complètement. J’y suis allé deux fois, ce qui est à peu près ce qu’il faut.

La logique du Grand Bazar

Le Grand Bazar de Téhéran est organisé par métier comme les villes médiévales l’étaient par corporation. Les chaudronniers dans un couloir, les marchands de tissu dans un autre, les négociants en or dans leur propre section close, mieux éclairée et climatisée. Les sons changent à mesure que l’on avance — le tintement des marteaux, puis le doux murmure de négociation d’une affaire de tapis, puis plus rien que des pas sous un plafond voûté à quinze mètres au-dessus. Je me suis véritablement perdu pendant une heure quelque part entre le rayon des fruits secs et les marchands de quincaillerie, et cela ne m’a pas dérangé. Les maisons de thé en sous-sol, sous le niveau du bazar, sont là où l’on récupère.

Le Téhéran contemporain

Le Musée d’art contemporain de Téhéran abrite l’une des collections les plus extraordinaires d’œuvres occidentales du XXe siècle hors d’Europe — acquise juste avant la révolution de 1979, en grande partie tenue à l’écart depuis, sortie et rentrée des réserves selon le climat politique. Quoi qu’on y montre à votre arrivée, ce sera étrange et émouvant : un Warhol dans ce contexte est un objet différent d’un Warhol à New York. Les cafés de Darband et d’Elahieh restent ouverts tard, pleins d’étudiants et de jeunes actifs faisant exactement ce que les jeunes font partout. Téhéran paraît plus jeune que sa politique, ce qui est à la fois porteur d’espoir et compliqué.

Se déplacer dans la ville

Le métro est excellent — propre, rapide, étendu, et véritablement la meilleure façon de comprendre comment la ville s’étale sur ses vallées et ses crêtes. Les quartiers nord grimpent vers les montagnes ; ceux du sud s’étendent sur le bassin plus chaud et plus plat. La différence d’altitude entraîne un écart de température de dix degrés entre eux par les après-midis d’été. J’ai fait mon meilleur repas dans un restaurant traditionnel de la vieille ville au sud, un plat de riz à l’agneau et à l’épine-vinette qui est arrivé dans une marmite en fonte et qui sentait quelque chose qu’on aurait voulu manger pour toujours.

Quand y aller : le printemps (mars-mai) est idéal — l’Alborz porte encore la neige, l’air est relativement clair, et Norouz, fin mars, transforme toute la ville en une célébration ininterrompue. Évitez juillet et août, quand chaleur et pollution convergent fâcheusement. Octobre est un solide deuxième choix, avec une excellente lumière et des foules gérables.