Niasar
"Vingt minutes après la plaine désertique, et soudain il y a une cascade. L'Iran n'arrête pas de me faire ça."
Une fraîche ville de montagne dotée d'un temple du feu sassanide, d'une cascade taillée dans la roche volcanique, et de jardins de roses qui précèdent de plusieurs siècles ceux de Kashan.
Niasar se trouve dans la chaîne du Karkas, à environ quarante minutes de Kashan par une route qui grimpe assez vite pour faire claquer les oreilles, et ce changement d’altitude offre un climat entièrement différent — des vergers de noyers, de l’eau qui coule, un air qui ne donne plus l’impression de chercher activement à vous dessécher. Après une semaine de villes du plateau désertique, arriver à Niasar donnait l’impression de trouver une oasis qui avait décidé de devenir une ville entière.
Un feu plus ancien que les mosquées
La principale raison de venir est le temple du feu de l’époque sassanide, une structure trapue à coupole datant approximativement du quatrième ou cinquième siècle, précédant l’arrivée de l’islam en Iran de plusieurs centaines d’années. Les temples du feu étaient les centres rituels du zoroastrisme, la religion dominante de la Perse préislamique, et celui-ci — une simple chambre carrée avec quatre ouvertures en arc soutenant une coupole — est l’un des exemples les mieux préservés de tout le pays. Me tenir à l’intérieur d’une chambre de pierre vide qui abritait autrefois une flamme sacrée entretenue en continu pendant des siècles m’a donné une perception différente de la chronologie de l’Iran que n’importe quelle mosquée. L’islam représente à peu près la moitié de l’histoire de ce pays. Ce bâtiment est un rappel de l’autre moitié.

Une cascade dans la roche
Un peu plus bas depuis le temple, une cascade dévale à travers une gorge étroite de basalte volcanique sombre jusqu’à un bassin vert où des familles locales pataugeaient à notre arrivée, chaussures ôtées, pantalons retroussés. Ce n’est pas une cascade spectaculaire à l’échelle mondiale, mais le contraste avec la plaine désertique dont nous venions de monter la faisait paraître immense. Des vendeurs à proximité proposent des noix fraîches et des mûres séchées provenant des vergers environnants, et nous nous sommes assis sur les rochers à manger les deux pendant que des enfants sautaient d’un rebord bas dans le bassin.

Niasar et le village voisin de Qamsar partagent la tradition de la récolte des roses pour laquelle Kashan est célèbre, et certains des plus anciens jardins de roses de la région se trouvent ici plutôt qu’à Kashan proprement dite — plus tranquilles, à plus petite échelle, et largement épargnés par les groupes de touristes qui envahissent Qamsar au début de mai.
Quand y aller : Mai pour la récolte des roses dans les villages environnants, ou de juin à septembre pour échapper à la chaleur du désert en contrebas — l’altitude de Niasar la maintient nettement plus fraîche que Kashan tout l’été.