Le tombeau en pierre à degrés de Cyrus le Grand se dressant seul dans une plaine herbeuse dégagée sous un ciel pâle près de Pasargades
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Pasargades

"L'homme le plus puissant de son siècle est enterré sous six marches de pierre nue. Rien d'autre."

Le tombeau de pierre nu de Cyrus le Grand, posé seul dans un champ — le monument le plus dépouillé et le plus puissant d'Iran.

Pasargades se trouve à une heure et demie au nord de Shiraz, et j’ai bien failli laisser tomber — l’itinéraire était déjà chargé avec Persépolis et Naqsh-e Rustam, et combien de pierre achéménide un seul voyage pouvait-il raisonnablement absorber ? Lia a insisté, essentiellement parce que Cyrus le Grand avait fondé ici le premier empire perse vers 546 avant notre ère, et qu’elle trouvait qu’il serait dommage de passer si près sans lui rendre hommage. Elle avait raison, et ce fut le site le plus silencieux, le plus émouvant de tout le voyage en Iran.

Un tombeau qui n’a rien à prouver

Là où Persépolis submerge par l’échelle et l’ornement, le tombeau de Cyrus fait l’inverse. C’est une chambre de pierre à toit en bâtière posée sur six larges marches, seule au milieu d’un champ ouvert, sans presque aucune structure alentour, sans foule, souvent sans aucun autre visiteur. Alexandre le Grand, lorsqu’il conquit l’empire perse deux siècles plus tard, aurait pleuré devant ce même tombeau et ordonné sa restauration après l’avoir trouvé pillé — un rare moment où un conquérant honore l’homme qu’il venait pourtant de surpasser à titre posthume.

Le tombeau de pierre à degrés de Cyrus le Grand, isolé dans un champ ouvert, avec des montagnes visibles à l'horizon

Les ruines en périphérie

Dispersées à travers la vaste plaine se trouvent les fondations des palais et jardins d’origine de Cyrus — des bases de pierre basses, quelques colonnes debout, et un relief sculpté saisissant, longtemps considéré comme représentant une figure gardienne à quatre ailes, peut-être Cyrus lui-même, devenu l’une des images les plus reproduites de l’art achéménide malgré une gravure d’origine aujourd’hui très érodée. Parcourir le site demande pas mal d’imagination pour combler du regard les empreintes de pierre où se dressaient autrefois les murs des palais, mais le tracé des canaux d’eau formels — cette même géométrie de jardin chahar bagh que nous retrouverions plus tard au jardin d’Eram à Shiraz — reste repérable au sol.

Bases de colonnes érodées et vestiges de canaux marquant le tracé des jardins du palais de Cyrus à Pasargades

Nous nous sommes assis sur l’herbe près du tombeau pendant un long moment, la plupart du temps en silence, à regarder un berger déplacer un petit troupeau à l’autre bout de la plaine, indifférent aux vingt-six siècles d’histoire sous ses pieds. Cela m’a semblé être la bonne façon de rencontrer Cyrus — non par le spectacle, mais par ce genre de paysage simple et laborieux qui a tout bonnement continué.

Quand y aller : Printemps ou automne, combiné à une excursion d’une journée depuis Shiraz. Le site est assez isolé pour qu’il vaille la peine d’organiser une voiture ou un circuit à l’avance.