Khorramabad
"Un château sur un rocher, une cascade en plein cœur de la ville — Khorramabad ne fait pas dans la demi-mesure."
La capitale du Lorestan, où une forteresse sassanide s'élève sur une île au milieu d'un lac et où des cascades traversent le bord même de la ville.
Je l’admets, Khorramabad ne figurait pas dans mon itinéraire initial — une correspondance de bus retardée m’y a laissé en rade pour une nuit, et au matin j’avais décidé d’y rester deux jours de plus. Parfois, l’itinéraire qu’on n’a pas prévu se révèle être le meilleur.
Une forteresse visible de partout
Le château de Falak-ol-Aflak se dresse sur un promontoire rocheux naturel en plein centre de Khorramabad, visible depuis presque chaque rue de la vieille ville. Construit à l’origine à l’époque sassanide et reconstruit à de nombreuses reprises depuis, il abrite aujourd’hui un musée consacré aux cultures tribales bakhtiari et lor du Lorestan — textiles nomades, armes, et photographies de migrations saisonnières qui ont toujours lieu aujourd’hui dans les montagnes environnantes. J’y suis monté au coucher du soleil, quand les murs de pierre virent à un or profond et que toute la ville s’étale en contrebas dans une brume de poussière et de fumée de cuisine du soir.

Des cascades dans l’enceinte de la ville
Ce qui m’a vraiment surpris, c’est le parc Shahid Rajaei, où la rivière Khorramabad dévale une série de petites cascades en plein cœur de la ville, avec des familles pique-niquant sur les rochers, bouilloires à thé posées sur des réchauds à gaz portables. C’est étrange et merveilleux à la fois de marcher quinze minutes depuis une avenue animée et de se retrouver au bord d’une eau qui tombe, assez bruyante pour couvrir entièrement le trafic.

Le pays bakhtiari et lor
Khorramabad fait office de porte d’entrée vers les communautés nomades bakhtiari et lor du Lorestan, dont certaines déplacent encore chaque année leurs troupeaux entre les campements d’hiver dans les basses terres et les pâturages d’été en altitude. Un commerçant près du château, dont la famille ne s’était sédentarisée que deux générations plus tôt, m’a décrit l’itinéraire de migration de mémoire, comme s’il l’avait parcouru lui-même, alors qu’il ne l’avait jamais fait.
Quand y aller : D’avril à juin pour les collines verdoyantes et les cascades à leur plein débit après la fonte des neiges, ou de fin septembre à octobre pour des températures plus douces. Les étés deviennent chauds et secs dans la vallée, alors organisez-vous plutôt autour des saisons intermédiaires si possible.
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