The Beas river valley in Manali surrounded by snow-capped Himalayan peaks
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Manali

"Manali, ce sont deux villes qui portent un seul nom, et il faut visiter les deux."

Une ville de la vallée de la Beas partagée entre jeunes mariés sur Mall Road et routards à Old Manali, tous fixant le même mur de neige qui garde la route vers Leh.

Je suis arrivé à Manali par un bus de nuit depuis Delhi, le genre de trajet qui vous vide complètement, et je suis descendu dans un air si froid et si pur qu’il faisait l’effet d’une gifle réveillante. La rivière Beas coulait vite, grise et verte juste en contrebas de la gare routière, alimentée par la fonte des glaciers venue de quelque part dans la vallée, et les montagnes de chaque côté étaient assez proches pour que la ville paraisse enserrée plutôt qu’entourée — un mince ruban d’habitations coincé entre des parois rocheuses qui bloquent le soleil dès le milieu de l’après-midi en hiver.

Mall Road, dans le centre-ville, dégage une énergie de voyage de noces — boutiques de châles, momos vendus juste à côté du crumble aux pommes, agences de voyage vantant des excursions d’une journée vers Solang Valley et des sorties neige au col de Rohtang, aux couples de Mumbai et de Delhi vivant leur premier contact avec la vraie neige. Ça a son charme, mais ce n’est pas pour ça que les gens restent. Old Manali, à vingt minutes de marche de l’autre côté de la rivière et en remontant une ruelle raide au-delà de la pagode en cèdre du temple Hadimba, c’est une tout autre Manali : des cafés qui passent du Bob Marley, des routards israéliens et européens venus pour une semaine et restés une saison, des toits de guesthouses ornés de drapeaux de prières, et un rythme plus lent et plus dépenaillé qui n’a presque rien à voir avec le circuit des jeunes mariés à deux kilomètres de là.

Old Manali's café-lined lanes with prayer flags strung between wooden balconies

La porte que tout le monde finit par franchir

Ce qui fait de Manali plus qu’une jolie ville de vallée, c’est ce vers quoi elle pointe. C’est la dernière véritable ville avant que la route ne grimpe vers le col de Rohtang puis, pour les plus déterminés, jusqu’à Leh et le Ladakh — un trajet de deux jours à travers certains des cols carrossables les plus élevés du monde. Un soir, assis dans un café d’Old Manali à côté d’un couple français en veste d’Enfield cabossée, penché sur une carte dessinée à la main de la route Manali-Leh, vérifiant quels cols étaient ouverts, j’ai ressenti l’attraction particulière d’un lieu qui n’est pas tant une destination qu’un seuil. Le temple Hadimba lui-même, une pagode en bois à quatre niveaux dédiée à une démone du Mahabharata que l’on vénère plutôt que l’on craint ici, se trouve dans un bosquet de cèdres deodar anciens si hauts et si sombres qu’ils transforment le midi en crépuscule — l’un des cadres de temple les plus étranges et les plus envoûtants que j’aie trouvés en Inde.

J’ai pris le téléphérique jusqu’à Solang Valley un matin bien dégagé et j’ai regardé des parapentistes s’élancer depuis la crête dans un vide de sommets blancs, puis j’ai mangé une assiette de siddu himachali — un pain vapeur fourré aux noix et aux graines de pavot — à un étal tenu par une femme qui nourrissait les trekkeurs au même endroit depuis vingt ans, bien avant que Solang ne devienne un décor Instagram.

Prayer flags and paragliders above the green meadows of Solang Valley near Manali

Quand y aller : de mars à juin pour des journées chaudes et des vues dégagées sur les montagnes, ou d’octobre à février si vous voulez de la neige et que le froid ne vous dérange pas. La route Manali-Leh elle-même n’est ouverte qu’approximativement de juin à octobre.