Le double sommet en forme de selle de la montagne Ma On Shan vu depuis le sentier de crête en contrebas, des pentes boisées tombant de part et d'autre
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Ma On Shan

"La crête devenait plus étroite à chaque pas, et ma confiance aussi, et pourtant cette combinaison était grisante plutôt qu'effrayante."

La « Montagne de la Selle » au-dessus de Sha Tin — une ascension sérieuse à travers d'anciennes carrières et des forêts de pins jusqu'à l'une des crêtes les plus acérées des Nouveaux Territoires.

Ma On Shan signifie « montagne de la selle », et une fois qu’on a vu sa silhouette depuis Sha Tin ou depuis l’autre côté de l’eau sur la péninsule de Sai Kung, le nom cesse d’être une abstraction — deux bosses de roche reliées par une crête qui plonge, impossible à confondre sur la silhouette des Nouveaux Territoires. Je l’avais regardée pendant des mois depuis la fenêtre de l’appartement d’un ami dans la ville de Ma On Shan avant de me décider enfin à la gravir, surtout parce que tous ceux qui l’avaient fait décrivaient la crête finale avec un ton de voix bien particulier qui laissait entendre que ce n’était pas tout à fait simple.

Ils avaient raison. L’itinéraire classique depuis le Ma On Shan Country Park traverse une vieille carrière abandonnée — des machines rouillées à moitié englouties par la végétation, un étrange fantôme industriel niché à l’intérieur d’un parc naturel — avant de grimper raide à travers une forêt de pins qui s’éclaircit à mesure qu’on prend de l’altitude. L’approche finale vers le sommet principal se resserre en une véritable marche sur crête, exposée des deux côtés, avec des à-pics assez raides pour que je me sois retrouvé à avancer avec plus d’attention délibérée que je n’en mets d’habitude dans une randonnée. Ce n’est pas de l’escalade technique. Ce n’est cependant pas un sentier pour quiconque est mal à l’aise avec le vide ou le mauvais temps, et j’ai croisé deux groupes séparés qui rebroussaient chemin à cause d’un vent qui s’était levé plus vite que prévu.

Le sentier de crête étroit et exposé près du sommet de Ma On Shan, avec des pentes boisées raides tombant de part et d'autre

Au sommet, la récompense est une vue à 360 degrés qui rivalise avec tout ce qu’offre le territoire — le port de Tolo et la grille de tours de Sha Tin à l’ouest, le littoral déchiqueté de la péninsule de Sai Kung à l’est, la masse du Tai Mo Shan visible au loin par temps clair. Je me suis assis dos contre un point trigonométrique, j’ai mangé un sandwich légèrement écrasé dans mon sac, et j’ai regardé un milan — l’oiseau, pas le jouet — glisser en cercles lents sur un courant thermique en contrebas du sommet, ce qui m’a semblé un véritable privilège d’y assister.

Vue depuis le sommet de Ma On Shan sur le port de Tolo et les tours de Sha Tin loin en contrebas dans la brume

Les options de descente varient — revenir par le même chemin, ou descendre vers le centre d’accueil du Ma On Shan Country Park sur une pente plus douce qui soulage les genoux fatigués. J’ai choisi l’itinéraire plus doux, surtout par instinct de conservation, et j’ai été récompensé par une aire de barbecue pleine de familles locales faisant griller des choses sur du charbon de bois un dimanche après-midi, ce qui m’a semblé la façon juste et sans prétention de retrouver la civilisation après quelques heures sur cette crête.

Quand y aller : Seulement les jours clairs et calmes — l’exposition au vent sur la crête sommitale en fait un mauvais choix pendant la saison des typhons ou par jours d’hiver venteux. D’octobre à décembre offre la meilleure combinaison de visibilité et de températures gérables pour la montée initiale raide.