Hong Kong skyline at night with illuminated skyscrapers reflected across Victoria Harbour

Asie

Hong Kong

"Nulle part ailleurs je ne me suis senti aussi petit et aussi vivant en même temps."

La première fois que j’ai atterri à Hong Kong, il était presque minuit et le taxi de l’aéroport a traversé des tunnels creusés dans la montagne avant que le port n’apparaisse — une éruption de néons et de verre qui ressemblait moins à une ville qu’à un rêve fiévreux collectif sur ce que devrait être une ville. J’ai collé mon visage contre la vitre comme un gamin. J’avais trente et un ans et j’avais beaucoup voyagé. Ça m’a quand même coupé le souffle.

Hong Kong fonctionne à une fréquence difficile à décrire sans avoir l’air de survendre la chose. La densité en fait partie — plus de sept millions de personnes entassées dans un territoire plus petit que le Luxembourg, avec la majeure partie des terres protégées en parcs naturels. Tout le monde et tout s’en trouve comprimé dans ces corridors de tours et de ruelles étroites, ce qui crée une intensité que l’on trouve soit électrisante soit écrasante, parfois les deux dans la même heure. Ce que je n’anticipais pas, arrivant après un an au Mexique où le temps se déplace autrement, c’est à quel point la ville récompense les moments où l’on s’en échappe. Quinze minutes dans le Peak Tram et tu es au-dessus des gratte-ciel dans un parc si vert qu’on dirait que la ville a oublié d’y construire quoi que ce soit. Une heure en kaido depuis Aberdeen et la mer de Chine méridionale s’ouvre autour de toi, les tours reculent et deviennent presque picturales.

Mais ce qui m’est resté le plus vividement, c’est la nourriture. Pas les restaurants étoilés Michelin qui figurent sur toutes les listes — même si Lung King Heen au Four Seasons vaut la dépense une fois si on peut se le permettre — mais les dai pai dongs du Western District, les échoppes de riz en cocotte à Sham Shui Po à 23h, l’oie rôtie chez Yat Lok sur Stanley Street où la queue commence avant l’ouverture. La cuisine cantonaise est l’une des grandes traditions culinaires du monde, et Hong Kong est l’endroit où on la mange dans sa forme la plus aboutie, sans cérémonie aucune et avec une conviction absolue.

Quand y aller : D’octobre à début décembre, c’est la meilleure période — ciel dégagé, températures plus fraîches autour de 20-24°C, pas de typhons. Le printemps (mars à avril) fonctionne bien aussi. Évite juillet et août : la saison des typhons rend les plans aléatoires et l’humidité est épuisante. Le Nouvel An chinois (janvier ou février) est extraordinaire en termes d’ambiance, mais attends-toi à ce que tout soit soit très fermé soit très bondé.

Ce que la plupart des guides ratent : Ils traitent Hong Kong comme une destination shopping avec de belles vues. Le shopping est correct, mais c’est ce qu’il y a de moins intéressant ici. Ce que la plupart des guides manquent aussi, c’est le contraste entre les quartiers — Kowloon et l’île de Hong Kong donnent l’impression d’être deux villes différentes, et les îles périphériques comme Cheung Chau ou Lamma sont différentes encore, plus calmes et presque villageoises. Et aussi : le MTR est genuinement l’un des meilleurs réseaux de métro du monde. Utilise-le constamment. La ville prend sens à travers sa carte de transport.