Mission Beach
"Le seul endroit où l'on m'ait dit, sans la moindre ironie, de me méfier d'un oiseau."
Un tronçon de côte assoupi où la forêt tropicale descend jusqu'au récif, et où les casoars sortent parfois des arbres comme s'ils étaient chez eux.
Mission Beach se trouve à une jonction étrange et merveilleuse — c’est l’un des seuls endroits au monde où deux sites du patrimoine mondial se touchent, la forêt tropicale des Tropiques humides descendant presque jusqu’au rivage et la Grande Barrière de corail commençant à une courte traversée en bateau au large. J’arrivais en m’attendant à une ville balnéaire et j’ai trouvé quelque chose de plus proche d’un village qui possède accessoirement une plage, étiré sur quatorze kilomètres de côte sans véritable centre, juste des groupes de maisons parmi les palmiers et un désintérêt général et sans hâte pour tout horaire autre que celui de la marée.

Les panneaux annonçant des casoars ne sont pas une blague, et je tiens à le préciser car je l’avais d’abord cru — des avertissements jaune vif avec le dessin d’un grand oiseau noir incapable de voler, plantés à presque tous les carrefours. Mission Beach abrite l’une des populations les plus saines qui restent de casoar à casque, un oiseau qui dépasse la taille d’un homme, réputé agressif quand il est acculé, et absolument essentiel à la forêt tropicale car c’est l’un des seuls animaux assez gros pour disperser les graines de certains fruits géants de la forêt. J’en ai vu un le deuxième matin, déambulant sur une allée avec deux poussins à sa suite, totalement indifférent au fait qu’il avait arrêté la circulation.
L’accès au récif depuis ici est plus tranquille qu’à Cairns — des bateaux plus petits, moins de monde, des excursions vers Beaver Cay et les plateformes du récif intérieur qui m’ont paru bien moins fréquentées que les opérations de pontons plus au nord. Je suis sorti avec un opérateur local sur un bateau qui embarquait peut-être quatorze passagers, et j’ai passé une heure à faire du snorkeling sur un massif corallien grouillant de poissons-clowns et un immense napoléon imperturbable qui a suivi notre groupe comme s’il supervisait les opérations.

Quand y aller : De juin à octobre, les conditions sont les plus sèches et les plus calmes, tant pour les sorties au récif que pour les randonnées en forêt. La saison des pluies (décembre à mars) rend la région vraiment luxuriante et verte, mais comporte aussi un risque de cyclones, donc vérifiez bien les prévisions si vous voyagez à cette période.
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