La place à arcades en pierre du marché central de Monpazier avec une halle couverte en bois au milieu
← Dordogne & Bordelais

Monpazier

"Monpazier est le seul village de ce voyage où j'ai vraiment compris le plan rien qu'en me tenant debout sur la place."

La bastide la mieux conservée de France, une grille quasi parfaite du treizième siècle de rues à arcades et d'une place centrale, qui fonctionne toujours comme un village ordinaire plutôt que comme une relique conservée.

Monpazier figure régulièrement parmi les plus beaux villages de France, et ayant maintenant vu un grand nombre de prétendants à ce titre, je trouve le classement mérité — c’est la mieux conservée des bastides, ces villes nouvelles bâties dans tout le sud-ouest de la France au treizième siècle, et contrairement à Domme, dont la grille se déforme contre la colline sur laquelle elle repose, Monpazier a été construite en terrain plat et a conservé son plan d’origine presque parfaitement intact. Lia et moi sommes arrivés un mardi tranquille et avons pu retracer toute la logique de l’aménagement du village rien qu’en marchant de l’église à la place.

Une grille pensée pour le contrôle, pas pour la beauté

Monpazier a été fondée en 1284 par Édouard Ier d’Angleterre, qui en tant que duc d’Aquitaine contrôlait cette partie de la France avant que la guerre de Cent Ans ne repousse les Anglais hors de la région, et le plan de la bastide était fondamentalement administratif — une grille rectangulaire de rues, des parcelles de maisons uniformes vendues aux colons à des conditions identiques, et une place de marché centrale destinée à concentrer le commerce, la fiscalité et le contrôle en un tracé parfaitement lisible. On oublie facilement, en parcourant aujourd’hui ces pittoresques rues à arcades, que tout le village était essentiellement un montage immobilier et administratif, une communauté médiévale planifiée entourée d’un mur défensif.

La Place des Cornières, au centre, exprime le plus clairement ce dessein : une place bordée d’arcades sur ses quatre côtés, des galeries couvertes en pierre où les marchands installaient leurs étals à l’abri des intempéries, avec une halle au toit de bois en son centre, dont les poutres, d’origine, datent du quatorzième siècle et portent encore les marques des mesures à grain utilisées autrefois pour standardiser le commerce.

Les arcades de pierre entourant la Place des Cornières centrale de Monpazier, avec la halle au toit de bois au milieu

Marcher sur les remparts qu’un colon a dû défendre

Une grande partie de la fortification d’origine de Monpazier a disparu, mais trois des six portes d’origine subsistent, et en longeant le périmètre où se dressaient autrefois les murs, on peut encore lire clairement les limites du village face à la campagne environnante — une frontière nette entre la ville planifiée et la campagne ouverte, qui aurait énormément compté pour un colon du treizième siècle pesant la sécurité contre l’opportunité.

Nous avons déjeuné sous les arcades, dans un petit café face à la halle, salade de noix accompagnée de fromage de chèvre local, et je me suis surpris à faire ce que je n’avais fait dans aucun des villages nés plus organiquement : imaginer réellement le village tracé, parcelle par parcelle, par un officier royal muni d’une corde et d’un plan, il y a huit siècles, sur un sol qui, la semaine précédente encore, n’était que champs vides.

L'une des portes médiévales subsistant à la limite des murailles fortifiées de la bastide de Monpazier

Quand y aller : Un jour de semaine hors de la haute saison estivale, idéalement avec le marché du jeudi en activité — Monpazier est assez petit pour que même une affluence modérée en change le caractère, et le marché lui donne vie sans le submerger.

Continuez à explorer

Plus sur Dordogne & Bordelais

Dordogne & Bordelais

Continuez à explorer

Plus sur Dordogne & Bordelais

Lalinde
france

Lalinde

Une bastide de fondation anglaise sur la Dordogne où la vieille écluse du canal fait encore son office, rappel que toute cette vallée fut jadis une route de travail pour les gabares bien avant de devenir une carte postale d'été.

Explore
Saint-Cyprien
france

Saint-Cyprien

La ville-marché où nous avons réellement logé pendant que tout le monde s'entassait à Sarlat et Beynac, un coteau du Périgord Noir bien vivant avec un clocher roman visible depuis la moitié de la vallée.

Explore
Les Eyzies
france

Les Eyzies

Un petit village au bord de la rivière, sous des falaises calcaires criblées de grottes préhistoriques et d'abris peints, souvent appelé la capitale de la préhistoire, où l'on peut se tenir devant un art créé par des gens vivant quarante mille ans avant nous.

Explore
Beynac-et-Cazenac
france

Beynac-et-Cazenac

Un village de pierre empilé sous une forteresse imposante juchée sur une falaise au-dessus de la Dordogne, l'un des châteaux médiévaux les mieux conservés de France et le décor de la moitié des cartes postales vendues dans la vallée.

Explore
La Roque-Gageac
france

La Roque-Gageac

Une unique rue de maisons ocre plaquée contre une falaise sur la Dordogne, si étroite que le village n'a nulle part où grandir sinon vers le haut de la roche, et l'une des vues fluviales les plus photographiées de France.

Explore
Domme
france

Domme

Une bastide perchée offrant le plus beau point de vue panoramique sur la vallée de la Dordogne de toute la région, bâtie sur un plan en damier défensif par un roi du XIIIe siècle et truffée de grottes utilisées aussi bien par des prisonniers que par des résistants.

Explore