Les toits de pierre couleur miel d'une bastide du Périgord vus d'en haut, avec la rivière serpentant à travers la campagne verte en contrebas
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Dordogne & Bordelais

"C'est la France qui mange d'abord et s'explique ensuite."

Grottes préhistoriques, villes bastides de pierre couleur miel superposées au-dessus d'une rivière en boucles, et les vignobles de Bordeaux plus loin — le Sud-Ouest, c'est la France la plus repue et la moins pressée.

La Dordogne est la région que je recommande à quiconque prétend avoir « fait » la France en ne parlant que de Paris et de la Côte d’Azur. C’est un pays profond, lent, couleur pierre et miel — une vallée fluviale bordée de bastides médiévales, des peintures rupestres vieilles de vingt mille ans, et une cuisine bâtie entièrement autour de la graisse de canard, des noix et de la truffe. Ici, rien ne presse. La Dordogne serpente entre des falaises calcaires d’une manière qui semble conçue pour une seule chose : vous faire arrêter la voiture.

Sarlat-la-Canéda est la petite ville marchande à la pierre dorée qui en constitue le cœur, son centre médiéval si bien préservé que les films en costumes s’y tournent sans habiller une seule rue. Depuis le village perché de Domme, toute la vallée de la rivière se déroule à vos pieds, avec La Roque-Gageac et Beynac-et-Cazenac accrochés à la roche de chaque côté. Non loin, Les Eyzies ancre le berceau préhistorique de la région — les grottes de Lascaux sont assez proches pour qu’on ressente le poids des peintures même devant un fac-similé. La bastide de Monpazier et la ville abbatiale de Brantôme, parfois surnommée la Venise du Périgord pour la rivière qui l’entoure, complètent une région où chaque village semble avoir été construit exprès pour être photographié à l’heure dorée. Plus à l’ouest le long de la rivière, Bergerac vit sur sa propre appellation, et Périgueux ancre le département avec une cathédrale aux dômes byzantins qui semble s’être égarée depuis un autre pays. Plus loin encore vers l’ouest, Bordeaux amène la région jusqu’à la côte atlantique avec ses grands quais du XVIIIe siècle et les vignobles de Saint-Émilion et du Médoc qui s’étendent tout autour — la capitale du vin qui donne tout son sens à chaque bouteille posée sur la table là-bas à Sarlat.

Quand y aller : En mai, juin et septembre, quand les marchés sont bien fournis et que la chaleur n’est pas encore accablante. Réservez vos tables au restaurant à l’avance en été — c’est une région qui prend le déjeuner très au sérieux, et les bonnes adresses se remplissent vite.