Le cône verdoyant et boisé du volcan Conchagua s'élevant au-dessus du golfe de Fonseca, avec des silhouettes d'îles visibles dans la brume
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Conchagua Volcano

"Je me suis tenu sur le Conchagua et j'ai pu montrer du doigt trois pays sans bouger les pieds."

Un cône tranquille au-dessus du golfe de Fonseca où une seule vue au sommet relie trois pays d'un seul regard.

J’ai loué un pick-up à La Unión parce que la route qui monte au Conchagua est du genre à dévorer les voitures ordinaires au petit-déjeuner — défoncée, raide par endroits, en épingles à travers des pâturages et une forêt broussailleuse qui s’épaissit à mesure que l’altitude monte. Le chauffeur, un habitant nommé Wilfredo qui faisait ce trajet pour des touristes quelques fois par mois, a passé la majeure partie du trajet à me montrer des choses que j’aurais autrement manquées : une famille de coatis traversant devant nous, une parcelle de cacao que quelqu’un cultivait sur une pente défrichée, un sanctuaire niché dans une grotte au bord de la route avec un bouquet de fleurs fraîches posé contre elle.

Le Conchagua lui-même n’attire pas l’attention du Santa Ana ou de l’Izalco plus à l’ouest, et cette absence d’agitation est précisément ce qui en fait le charme. Pas de centre d’accueil, pas de guichet, pas de foule de bus touristiques sur le parking du sommet — juste le pick-up de Wilfredo et, ce jour-là, un autre véhicule appartenant à une famille salvadorienne venue pique-niquer. On a fait la dernière partie à pied, un court sentier à travers une forêt plus fraîche et plus dense, le chant des oiseaux s’estompant à mesure qu’on gagnait la crête et que les arbres s’éclaircissaient vers le bord du cratère.

Trois pays, un seul horizon

La vue depuis le sommet est la raison pour laquelle on fait ce trajet. Le golfe de Fonseca s’ouvre en contrebas en une large nappe bleu argenté, parsemée d’îles volcaniques, et au-delà, les côtes du Honduras et du Nicaragua s’estompent dans la brume de chaque côté. Wilfredo pointait du doigt avec la certitude tranquille de quelqu’un qui a fait ça une centaine de fois : ça, c’est le Honduras, ça, le Nicaragua, cette ligne de collines là-bas, c’est chez moi. Je me suis tenu à pas mal de points de vue qui prétendaient montrer beaucoup de pays. C’était la première fois que je me tenais quelque part qui m’en montrait réellement trois.

The Gulf of Fonseca seen from the summit of Conchagua Volcano with distant coastlines of Honduras and Nicaragua visible

Le vent au sommet était constant et frais, un soulagement après la montée humide, et je me suis assis sur un affleurement rocheux pendant près d’une heure à simplement suivre la lumière tandis que les nuages déplaçaient des ombres sur le golfe. Un couple de faucons travaillait les thermiques qui montaient du flanc du volcan, battant à peine des ailes, portés par le même air chaud qui me collait la chemise au dos pendant la montée.

A hawk riding thermals above the crater rim of Conchagua Volcano with the Gulf of Fonseca stretching below

En redescendant, Wilfredo m’a demandé si je voulais m’arrêter à un mirador avec un restaurant près de la base — j’ai dit oui, surtout pour l’assiette de poulet grillé et de yuca, mais aussi parce que la même vue, plus basse et plus douce, continuait de faire son effet depuis là. Le Conchagua n’est pas un volcan qu’on gravit pour la brûlure dans les jambes. C’est un volcan qu’on gravit pour se rappeler à quel point cette portion de l’isthme est petite, et à quel point elle peut encore en contenir.

Quand y aller : Saison sèche, de novembre à avril, pour les vues les plus dégagées sur le golfe ; pars tôt le matin avant que la brume de l’après-midi ne s’installe et n’adoucisse les côtes lointaines jusqu’à les rendre invisibles.