Le train historique de la Nariz del Diablo serpentant en lacets sur une montagne près d'Alausi, Équateur
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Alausi

"Le train ne descend pas tant la falaise qu'il ne s'y replie, inversant deux fois de sens sur une pente que les ingénieurs jugeaient autrefois impossible."

Une petite ville ferroviaire andine construite sur une corniche au-dessus d'un canyon, surtout connue comme point de départ de la descente en lacets du train de la Nariz del Diablo le long d'une falaise quasi verticale.

Alausi est une petite ville tranquille étirée le long d’une unique rue principale sur une corniche au-dessus du canyon du Río Chanchán, avec une statue de Simón Bolívar veillant sur l’ensemble depuis une colline juste au-dessus des toits. Elle resterait probablement une escale tranquille sur la Panaméricaine si ce n’était d’un exploit précis d’ingénierie du début du XXe siècle qui attire ici des gens venus de bien au-delà de l’Équateur : la Nariz del Diablo, le nez du diable.

Un chemin de fer « impossible »

Le chemin de fer Guayaquil-Quito, construit au début des années 1900 en grande partie par des travailleurs équatoriens et jamaïcains dans des conditions brutales, devait descendre environ 500 mètres sur une courte distance horizontale pour franchir une paroi rocheuse presque verticale à l’extérieur d’Alausi — une pente jugée impossible à négocier par des lacets conventionnels. La solution des ingénieurs fut une voie en zigzag taillée directement dans la falaise, où le train avance, puis recule sur une section de voie inférieure, puis avance de nouveau, descendant la paroi rocheuse en une série de Z plutôt que de courbes progressives. Le parcourir, même au rythme lent et posé que le train adopte aujourd’hui en tant qu’attraction touristique plutôt que ligne de fret, donne une sensation viscérale de la raideur véritable de cette pente d’origine — on peut regarder presque à la verticale vers la section de voie sur laquelle on se trouvait quelques minutes plus tôt.

Le train de la Nariz del Diablo reculant sur une section en zigzag de voie taillée dans une falaise abrupte

La descente, et la communauté en bas

Le train part de la petite gare d’Alausi et descend jusqu’à Sibambe, au pied de la falaise, où un centre culturel géré par des communautés kichwa locales propose des danses traditionnelles et des expositions sur l’histoire de la construction du chemin de fer pendant les quelque quarante-cinq minutes où le train fait halte avant la remontée. J’ai trouvé la représentation plus authentique que ce à quoi je m’attendais de la part de quelque chose intégré directement dans l’horaire d’un train touristique, et j’ai profité de l’arrêt pour marcher le long de la berge au fond du canyon, regardant tout droit vers le haut, vers la paroi rocheuse que le train venait de descendre.

La ville elle-même

La rue principale d’Alausi est bordée de restaurants simples servant du hornado — du porc rôti avec du mote, le maïs façon hominy courant dans cette partie des hautes terres — et j’en ai mangé une assiette avant le train du matin, dans un stand qui servait manifestement chaque jour la même poignée d’habitués sans se soucier de l’horaire touristique juste à côté. Les maisons colorées de la ville et les collines en terrasses environnantes offrent une heure agréable de flânerie avant ou après le trajet, sans que la ville ne donne jamais l’impression d’exister uniquement pour desservir le chemin de fer.

Les maisons colorées à flanc de colline d'Alausi avec des terres agricoles en terrasses montant sur les pentes au-dessus de la ville

Quand y aller : Le train circule toute l’année selon un horaire fixe, donc le moment dépend surtout de la réservation d’une place à l’avance, particulièrement le week-end, plutôt que de la saison. De juin à septembre offre les ciels les plus dégagés pour photographier les lacets depuis les points de vue au-dessus de la ville.