Les ruines de pierre du monastère byzantin de Deir Ain Abata construites à flanc de colline au-dessus de la mer Morte, avec l'entrée sombre d'une grotte visible à l'arrière-plan
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Lot's Cave

"Une grotte, une chapelle, et des sols en mosaïque posés par des moines convaincus de se tenir sur une terre sacrée."

Une grotte à flanc de colline et les ruines d'un monastère byzantin construit autour d'elle, marquant l'endroit où, selon la tradition, Loth se réfugia après avoir fui Sodome.

Le site s’appelle proprement Deir Ain Abata, et il se trouve à flanc de colline au-dessus de la côte sud-est de la mer Morte, près de la Safi moderne, à l’emplacement de ce qui aurait été la ville biblique de Tsoar. J’ai grimpé un matin chaud, avec pour seule compagnie le gardien du site, en passant devant des fragments de colonnes éparpillés et de bas murets de pierre, jusqu’à une petite grotte sombre creusée dans la colline que les chrétiens byzantins ont identifiée, au moins dès le Ve siècle, comme le lieu où Loth se réfugia avec ses filles après la destruction de Sodome et Gomorrhe. Que l’on prenne ou non l’histoire au pied de la lettre, l’archéologie, elle, est bien réelle — un monastère s’est développé autour de cette grotte, avec une église, une auberge pour les pèlerins, et des citernes creusées dans la roche pour recueillir le peu de pluie qui tombait.

L'entrée sombre et basse de la grotte à Deir Ain Abata, des marches de pierre usées montant vers la colline

Ce qui m’a le plus frappé n’était pas la grotte elle-même, petite et peu spectaculaire à voir, mais les sols en mosaïque conservés dans l’église voisine — des motifs géométriques en ocre, noir et blanc, encore assez nets après quinze siècles pour qu’on puisse en suivre les contours du doigt, ce qui bien sûr m’était interdit et que j’ai fait quand même dès que le gardien a regardé ailleurs. Les fouilles ici ont révélé une inscription datant l’une des mosaïques de l’an 606, ainsi que des pièces de monnaie, des lampes à huile, et de quoi remplir un petit musée de céramiques, aujourd’hui exposées dans un modeste centre d’accueil au pied de la colline. Debout au sommet, à contempler la mer Morte scintillant sous la chaleur et le ruban vert de l’oasis de Safi en contrebas, j’ai compris pourquoi les premiers pèlerins avaient choisi cette colline en particulier — elle offre le genre de vue qui donne envie d’y bâtir quelque chose de durable.

Le sol en mosaïque de l'église byzantine à Deir Ain Abata, motifs géométriques en ocre et noir encore visibles dans la pierre

Le site ne reçoit presque aucun visiteur comparé aux poids lourds bibliques plus au nord, et j’ai eu toute la colline pour moi pendant plus d’une heure. Il y a quelque chose de précieux dans ce genre de solitude, dans un lieu aussi chargé de croyance et d’histoire — aucune foule pour vous presser au-delà des détails, juste le vent, la chaleur, et quinze siècles de gens qui ont jugé cette grotte-là assez importante pour y construire un monastère.

Quand y aller : D’octobre à avril, idéalement le matin, avant que le soleil ne monte assez haut pour rendre la colline à découvert insupportable. Combinez la visite avec un arrêt à Safi, tout près, pour voir les ruines de l’ancien moulin à sucre lors du même voyage.