La sculpture du serpent de bronze sur le mont Nébo contre une vue panoramique de la vallée du Jourdain, de la mer Morte et des collines lointaines de Cisjordanie
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Mont Nébo

"Debout là où Moïse se serait tenu, j'ai regardé vers Jérusalem et j'ai senti le poids d'une histoire en laquelle je ne crois même pas."

Je suis arrivé en milieu d’après-midi et la brume s’était installée lourdement sur la vallée du Jourdain, comme elle le fait au printemps quand l’air n’a pas encore décidé s’il sera limpide ou opaque. La route depuis Madaba monte en lacets à travers des collines broussailleuses puis vous dépose sur le bord d’un plateau presque sans prévenir — soudain il y a un parking et une chapelle, puis, au-delà d’un muret bas, le panorama complet de la vallée du Rift du Jourdain qui s’étend en contrebas, la mer Morte comme un miroir d’étain au sud, et quelque part dans la distance laiteuse de l’autre côté, Jérusalem. Par temps clair, on peut voir l’église du Saint-Sépulcre. Le jour où j’étais là, on pouvait voir la forme générale des collines au-delà du fleuve et déduire le reste.

L'église mémorial de Moïse sur le mont Nébo, son abri moderne protégeant les anciennes mosaïques byzantines à l'intérieur, la vallée s'étirant au-delà

L’église mémorial de Moïse a été construite ici pour la première fois au IVe siècle par des pèlerins chrétiens qui identifiaient cet endroit comme la montagne décrite dans le Deutéronome — le Pisga, le sommet depuis lequel Moïse a regardé la terre qu’il n’entrerait jamais, mourant avant de pouvoir traverser le Jourdain. La structure actuelle est moderne, un abri un peu ingrat construit pour protéger les extraordinaires mosaïques de sol byzantines de l’intérieur. Ces mosaïques datent des Ve et VIe siècles et sont parmi les plus belles du Levant : scènes de chasse, figures pastorales, animaux conduits par des bergers pieds nus, le tout rendu en tesselles d’ocre profond et de turquoise et de blanc. Elles sont presque joyeuses de ton, ce qui vous surprend étant donné la solennité du lieu.

La vue depuis le mont Nébo sur la vallée du Jourdain et la brume au-dessus de la mer Morte, les collines de Cisjordanie se levant dans le lointain

À l’extérieur, près du bord du plateau, se trouve une sculpture d’un serpent de bronze enroulé autour d’une croix — une référence à l’histoire de Moïse élevant un serpent de bronze dans le désert pour guérir les Israélites, et simultanément à la croix du Christ, les deux symboles délibérément fusionnés. Les franciscains qui entretiennent le site l’ont créée en 2000. Elle n’est pas subtile, mais se tenant à côté d’elle avec cette vue immense derrière soi et la lumière de fin de journée convertissant tout dans la vallée en or, elle parvient à porter le poids qu’exige le lieu. Je suis resté jusqu’à ce que le soleil soit bas et que la brume soit devenue rose, et la famille jordanienne qui faisait un pique-nique près du muret a ramassé sa nourriture et est partie en voiture, et j’ai eu le bord de la montagne pour moi seul quelques minutes. Le calme était absolu. Moïse ou pas, quelqu’un a choisi cet endroit délibérément.

Quand y aller : D’octobre à avril, la fin d’après-midi étant le moment d’arrivée idéal quand le soleil s’incline sur la vallée et transforme la brume en or plutôt qu’en blanc plat. Mars apporte des fleurs sauvages sur les versants broussailleux de la route d’accès. À combiner avec Madaba, à seulement huit kilomètres, pour une journée complète.