The Sangha River at Ouesso with wooden pirogues moored along the muddy bank at dusk
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Ouesso

"Ouesso ne cherche pas à être une destination. C'est la porte d'entrée, et je l'ai aimée davantage pour ça."

Un port fluvial sur la Sangha où pirogues et barges de bois se partagent l'eau, et où la forêt commence à la lisière de la ville.

Nous avons atterri à Ouesso à bord d’un petit charter après une correspondance à Brazzaville, et la première chose que j’ai remarquée, avant même la chaleur, c’est la couleur de la Sangha — un ruban plat, brun-vert, traversant une forêt ininterrompue à perte de vue depuis le hublot. Lia m’a serré le bras en disant qu’on aurait dit que l’avion allait atterrir en pleine jungle, et elle n’avait pas tort. La piste existe surtout pour les chercheurs et la poignée de touristes comme nous en route vers Nouabalé-Ndoki, et on sent cette vocation dès qu’on descend de l’avion : personne n’est là pour Ouesso en elle-même, tout le monde est là pour ce qui se trouve au-delà.

Mais je suis content qu’on ait laissé une journée à la ville avant de plonger dans le parc. Ouesso est la capitale administrative du département de la Sangha, et elle porte ce rôle avec légèreté — un chapelet de bâtiments bas, quelques camions chargés de bois scié qui patientent près du port, et une énergie fluviale qui ressemblait moins à un chef-lieu qu’à un comptoir commercial. Nous sommes descendus au marché en fin d’après-midi, où des femmes vendaient du poisson fumé, du manioc, et des marchandises visiblement remontées depuis le Cameroun, tant Ouesso est proche de la frontière — au point que la Sangha fait davantage office de route que de limite.

Ce soir-là, nous nous sommes installés à une petite table au bord de l’eau avec des bières restées, on ne sait comment, fraîches, à regarder les pirogues traverser tandis que la lumière virait à l’orange au-dessus des dépôts de bois. J’ai été frappé de voir à quel point tout le rythme de la ville est dicté par la forêt environnante — les camions, les scieries, les barges — et pourtant rien dans cette économie du bois ne m’avait préparé à voir tout cela disparaître aussi vite une fois sur le fleuve, en route vers le parc.

Wooden pirogues loaded with goods along the Sangha River bank in Ouesso

Le lendemain matin, nous avons loué une barque pour remonter une partie du fleuve avant notre transfert officiel vers Nouabalé-Ndoki, juste pour voir la ville depuis l’eau. Sous cet angle, Ouesso paraît presque engloutie par le vert : les bâtiments s’accrochent à une étroite bande le long de la rive, puis la forêt équatoriale prend le dessus, dense et fumante sous la brume matinale. Un pêcheur qui pagayait à côté de nous a ri quand j’ai tenté un salut hésitant en lingala, et pendant un instant, tout le trajet a cessé d’être un simple transit pour devenir un véritable lieu où nous étions arrivés, et non simplement traversé.

A timber barge and forest-lined riverbank near Ouesso on the Sangha River

Quand y aller : Nous y sommes allés en juillet, en pleine saison sèche, et je recommanderais la même chose — soit de décembre à février, soit de juin à août, quand la Sangha est plus prévisible et que les pistes forestières vers le parc restent praticables, car une traversée ici en saison des pluies raconte une tout autre histoire, bien plus boueuse.