Les gorges étroites de calcaire du Marble Canyon avec une passerelle traversant haut au-dessus des eaux de fonte turquoise et tumultueuses
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Parc national Kootenay

"Tout le monde parcourt la route des Champs de glace. Presque personne ne parcourt le Kootenay, et c'est justement là tout l'intérêt."

Le parc le plus discret des Rocheuses, traversé par une seule route passant devant des marmites de peinture ocre sacrées pour les peuples autochtones et un canyon taillé improbablement étroit dans le marbre massif.

Le parc national Kootenay longe une seule route — la route 93, la Banff-Windermere Parkway — sur une centaine de kilomètres entre Radium Hot Springs et la Transcanadienne près de Banff, et j’ai parcouru toute sa longueur en un après-midi sans croiser plus d’une poignée d’autres voitures arrêtées à chaque halte. C’est le parc que tout le monde évite au profit de ses voisins plus célèbres, et après avoir maintenant parcouru celui-ci et la route des Champs de glace, je pense que c’est une véritable erreur déguisée en décision d’emploi du temps. Le Kootenay a une grandeur moins évidente que le corridor des Champs de glace, mais il offre en revanche une variété concentrée sur un trajet beaucoup plus court — un fond de vallée sec comme un désert à une extrémité, une gorge de marbre profonde au milieu, et une forêt brûlée en régénération qui rappelle constamment que ce paysage n’est pas figé.

Un canyon taillé à travers la roche, pas autour

Le Marble Canyon est l’arrêt phare du parc, et il mérite honnêtement ce statut. Le ruisseau Tumbling y a creusé une gorge absurdement étroite — à certains endroits à peine large de quelques mètres — et improbablement profonde, tranchant à travers un calcaire rubané (marbré par la chaleur et la pression anciennes, d’où le nom) que l’eau a poli au fil des millénaires. Un court sentier traverse la gorge d’un côté à l’autre par une série de passerelles, chacune vous rapprochant du grondement jusqu’à ce que, à la dernière passerelle, vous vous trouviez presque directement au-dessus d’une chute d’eau tombant dans une fente si étroite qu’elle disparaît entièrement de la vue. Je suis resté là plus longtemps que le sentier ne l’exige vraiment, simplement à regarder l’eau de fonte turquoise s’évanouir dans la roche.

Eau de fonte turquoise se précipitant à travers les parois étroites de marbre du Marble Canyon sous une passerelle

Les marmites de peinture

Plus loin, une courte marche plate mène aux marmites de peinture — un ensemble de sources minérales froides où l’oxyde de fer teint le sol et des bassins peu profonds d’un orange rouille vif, presque troublant de vivacité contre le vert environnant de la forêt. Ce site a été, et reste, sacré pour les peuples Ktunaxa et Stoney Nakoda, qui venaient y récolter l’ocre pour la peinture cérémonielle et le commerce, une pratique bien antérieure à la limite du parc tracée tout autour. La signalisation d’interprétation est précise et attentive à ce sujet, et debout au bord des bassins — le sol tremblant légèrement sous les pieds à cause des sources en dessous — il était facile de comprendre pourquoi ce coin de terre précis valait un long voyage.

Bassins d'ocre orange rouille vif aux marmites de peinture entourés d'une forêt dense et verte

Le tronçon sud du parc, plus proche de Radium, porte encore les cicatrices d’un important incendie de forêt survenu en 2003 — du bois mort gris debout au milieu d’un sous-bois dense de nouveaux pins tordus, un paysage en pleine reconstruction active plutôt qu’une carte postale figée, ce qui m’a semblé une chose honnête à montrer aux visiteurs plutôt que de la cacher.

Quand y aller : De juin à septembre pour un accès complet aux marmites de peinture et aux sentiers du Marble Canyon. La route reste ouverte en hiver comme voie de passage vers les sources chaudes de Radium, période où les formations de glace du canyon deviennent leur propre attraction, plus discrète.