Le rocher Percé s'élevant de la mer à la pointe de la péninsule gaspésienne au coucher du soleil
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Gaspé Peninsula

"La route ne cesse de longer la falaise et les villages ne cessent d'être magnifiques, sur six cents kilomètres, sans effort apparent."

Un pouce de terre qui enveloppe le Saint-Laurent vers l'Atlantique ouvert, des villages de pêcheurs accrochés aux falaises, des baleines au large, et le rocher Percé debout seul dans l'eau comme un signe de ponctuation.

J’ai parcouru la route côtière de la Gaspésie en trois jours depuis Rimouski, et c’est devenu l’un de ces voyages où j’ai arrêté de me fixer un objectif quotidien parce que chaque village me faisait m’arrêter. La route, la 132, enveloppe toute la péninsule, s’accrochant aux falaises au-dessus du Saint-Laurent qui s’élargit jusqu’à devenir véritablement un océan, des bateaux de pêche flottant en contrebas dans des ports peints de ces rouges et bleus saturés que j’associe à la Bretagne, pas à l’Amérique du Nord. La moitié des villes sont encore massivement francophones, la vieille signalétique entièrement en français, et je me suis surpris à retomber dans une version de ma propre langue que je n’avais pas utilisée depuis des années — familière, côtière, sans hâte.

Toute la route mène vers Percé, et le rocher Percé ne déçoit pas, même après des jours d’attente montée en pression. C’est un immense monolithe calcaire dressé juste au large, percé de part en part par une arche naturelle, et selon la marée et la lumière il change complètement de caractère — doré pâle à l’aube, presque argenté sous les nuages, orange sang au crépuscule quand j’ai enfin obtenu la photo que je voulais. Des bateaux partent le contourner ainsi que l’île Bonaventure voisine, qui abrite l’une des plus grandes colonies de fous de Bassan de la planète — des dizaines de milliers d’individus, tournoyant et plongeant dans un vacarme d’ailes continu que j’ai autant ressenti qu’entendu.

Le rocher Percé illuminé au coucher du soleil sur la côte gaspésienne

Forillon et les baleines

Le parc national Forillon, à la toute pointe de la péninsule, est l’endroit où les Appalaches — la même chaîne qui descend à travers l’est des États-Unis — rejoignent enfin la mer et s’arrêtent. J’ai marché le long du sentier Les Graves jusqu’au cap Gaspé, des falaises tombant droit dans l’eau d’un côté, et j’ai aperçu un petit rorqual faisant surface à peut-être deux cents mètres, assez près pour qu’un groupe d’entre nous reste simplement là, en silence, jusqu’à ce qu’il disparaisse à nouveau. Des bateaux d’observation des baleines partent de plusieurs ports le long de cette côte, à la poursuite de petits rorquals, de rorquals communs et parfois de baleines bleues qui se nourrissent dans les eaux riches en nutriments où le golfe rencontre le fleuve.

Randonneur sur un sentier de falaise au parc national Forillon avec le golfe du Saint-Laurent en arrière-plan

J’ai mangé plus de morue fraîche et de crabe des neiges sur ce voyage que partout ailleurs au Canada, en général dans une cabane avec trois tables en plastique et une vue que la plupart des restaurants factureraient le triple.

Quand y aller : Juillet et août pour un temps fiable, l’observation des baleines et la colonie de fous de Bassan à son plus animé. Le début de l’automne apporte des routes plus calmes et les mêmes falaises spectaculaires sans la foule, bien que certaines excursions en bateau ralentissent dès fin septembre.