Plage de sable et marina à Gimli sur la rive du lac Winnipeg, avec une statue de drakkar viking à proximité
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Gimli

"Il y a une statue de Viking de cinq mètres qui monte la garde sur un port du Manitoba, et d'une certaine manière, une fois qu'on connaît l'histoire, tout ça a parfaitement du sens."

Une ville balnéaire sur la rive du lac Winnipeg qui est, contre toute attente, la plus grande communauté islandaise en dehors de l'Islande elle-même, avec une statue de Viking montant la garde sur le port.

C’est la statue de Viking qui vous met la puce à l’oreille avant tout le reste. En arrivant à Gimli le long de la rive du lac Winnipeg, en passant devant une marina remplie de modestes bateaux de pêche, on tombe sur un Viking de bronze de cinq mètres planté au bord du port, bouclier levé, regardant vers une eau qui est indéniablement un lac et non un fjord. Ce n’est pas une blague ni une curiosité routière — Gimli a été fondée en 1875 par des immigrants islandais qui ont nommé leur nouvelle colonie d’après le paradis mythologique de la cosmologie nordique, et la ville est depuis restée la plus grande communauté d’origine islandaise en dehors de l’Islande elle-même.

En flânant dans le petit centre-ville, l’empreinte islandaise est partout sans jamais tomber dans le kitsch : des panneaux de rue aux noms islandais, un musée du patrimoine qui fait revivre aux visiteurs le premier hiver brutal de 1875, quand une épidémie de variole et l’isolement ont failli anéantir la jeune colonie avant même qu’elle ait vraiment commencé. Une bénévole du New Iceland Heritage Museum, elle-même Islando-Manitobaine de quatrième génération, m’a raconté que sa famille préparait encore la vínarterta, un gâteau traditionnel aux pruneaux, chaque Noël, exactement comme son arrière-grand-mère avait apporté la recette.

Statue de Viking en bronze montant la garde à l'entrée du port de Gimli sur le lac Winnipeg

Islendingadagurinn

Je me trouvais à Gimli pendant Islendingadagurinn, le Festival islandais du Manitoba, organisé chaque mois d’août depuis 1890 — réputé être l’un des festivals ethniques en activité continue les plus anciens d’Amérique du Nord. La rue principale se ferme à la circulation, il y a une parade, un concours de pousse de barbe, des stands de nourriture islandaise traditionnelle vendant vínarterta et kleinur, et une “Fjallkona”, une femme choisie chaque année pour incarner l’esprit de l’Islande, qui préside tout le week-end en tenue cérémonielle. Ça ressemblait moins à un festival touristique qu’à de véritables retrouvailles familiales auxquelles plusieurs milliers d’étrangers avaient eu la chance d’être conviés.

Le lac Winnipeg lui-même, pendant ce temps, fait discrètement le travail qui transforme Gimli en véritable ville balnéaire, indépendamment de son héritage — sa plage est large, sablonneuse, animée tout l’été par des habitants de Winnipeg qui font l’heure de route vers le nord, le bassin sud peu profond du lac se réchauffant plus vite qu’on ne s’y attendrait pour un endroit aussi au nord.

Plage de sable bondée sur le lac Winnipeg à Gimli, avec des familles se baignant un après-midi d'été

Un genre de ville canadienne bien particulier

Gimli est de ces endroits qui ne prennent tout leur sens qu’une fois qu’on comprend les couches empilées les unes sur les autres : un terrain de pêche cri et anishinaabe bien avant le contact européen, puis un refuge islandais fuyant la famine et les catastrophes volcaniques du pays d’origine, puis une escapade lacustre moderne pour les habitants de Winnipeg fuyant la chaleur de l’été. D’une manière ou d’une autre, ces trois couches restent visibles sur la même courte marche entre le port et la plage.

Quand y aller : début août spécifiquement pour Islendingadagurinn, ou n’importe quel week-end de juillet pour la plage à son plus chaud ; le port est le plus photogénique dans la lumière dorée juste avant le coucher du soleil.